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Archives : 1997-1999

9 décembre 1999

Une ombre furtive passe à bicyclette, un autobus, l'Indien n'y est plus. Je veille, je veille à mon corps éveillé. Y'a une tête de pot rastafarienne du nom de Tremblay qui sait pas qui est Haïlé Sélassié. Je me sens bizarre, capoté. M. et P.L. vont boire dans un fond de ruelle, ils se pognassent, saouls, ils marchent sur Saint Laurent. J'ai de la difficulté à trier le grain de l'ivraie. Je cherche un rythme.

Hache publie DRIFTING, un nouveau texte de Bernard Saulnier, plus ample que les précédents, et qui, contrairement à l'habitude, met en scène plusieurs personnages, M., P.L., et un Indien dans Montréal.

Dérive des corps dans la grande ville, contrepoint du texte, rythme, drôlerie, recueillement.

http://www.dtext.com/hache/saulnier/saulnier11.html

14 octobre 1999

Hache publie QU'EST-CE QUE LA LITTERATURE ?, une réponse générale à la question posée, à

http://www.dtext.com/hache/anonyme/anonyme12.html

J'ai mis un peu de temps, mais il me semble que, à l'âge à la fois avancé et peu avancé de 30 ans, j'ai enfin compris.

Simultanément, Hache publie à nouveau une lecture (sonore, anonyme) d'un vieux texte, cette fois LES REGRETS de Joachim Du Bellay (1558), merveilleux recueil de 191 sonnets relatant un moment difficile de la vie du poète (dépression), à

http://www.dtext.com/hache/anonyme/anonyme11.html

Pour le plaisir, mais aussi en vivante illustration du précédent. Le texte complet des Regrets est également donné.

18 septembre 1999

Plein de nouveautés sur Hache, qui vous propose

1. Stephane Ilinski: Voyages en Hyperborée
2. Bernard Saulnier: Boudelas
3. Serge Libs: Miroir
4. Richard Stallman: Le manifeste GNU (texte politique)

1.

Cumuls de rocailles acérées en tas larges. Calorifères encanaillés par l'érosion entendent rester en grappes pour siéger. Buées tièdes en guise d'avis aux peuples : passé par là tu bous jusqu'à oublier le souvenir de ton chignon bref pas commode ! Les monts par salves d'étouffante douceur qui endorment l'explorateur moyen puis crac gommée d'un trait la voie lactée on dégringole droit aux enfers. Pas d'air sans poussière et microscopiques des copeaux tournoyants (de tous calibres) hérissés de rouille.

Hache a la joie de vous présenter un nouvel auteur, Stephane Ilinski, dont on publie l'exotique VOYAGES EN HYPERBORÉE, un texte bref et original, vigoureux dans sa langue et ses images. Loisirs extrêmes (bien si vous avez raté vos vacances) et sensations garanties.

2.

Boudelas est debout en slip sur la passerelle du building, il ressemble à un Bouddha contemplant l'urbanité, dans sa méditation il n'arrive pas à la vacuité ni à la sérénité, ce qui l'envoie hors de lui ce sont les camions remorques qui font siffler leurs freins.

Hache publie BOUDELAS, texte bref de Bernard Saulnier. A nouveau la compassion, l'humour, la quête de sérénité et la maîtrise de style de l'auteur montréalais qui accompagne Hache depuis 1996.

3.

Et je me berce de savoir, ses ralentis immondes vers la conscience, cette nostalgie d'une mère aux seins épatants, et cette rancoeur délétère qui s'imagine vivre et se perpétuer. Un poète, c'est un accident, cotoyable au pire dans les moments de vice, une branlette rapide dans les soupiraux de l'enfance ? C'est du venin qu'il éjacule, en droite ligne dans le cerveau, et ça se mélange en désordre dans les neurones épinglés. Un poète, c'est vil, absurde quand il descend la rue en regardant le cygne prisonnier de la glace. Même pas un soleil... ou plutôt si, enivré de savoir la petitesse des hommes, ensablé dans sa rancoeur, épris de lui si profondément qu'un ciel s'est bâti dans son lit.

Après LA CHAMBRE VERTE en mai de cette année, Hache publie MIROIR de Serge Libs, un texte luxuriant dans sa langue et violent dans son mouvement, règlement de comptes avec le foutu poète. Le texte est dédié à Bernard Saulnier.

4.

Afin de pouvoir continuer à utiliser des ordinateurs sans déshonneur, j'ai décidé d'assembler un corps suffisant de logiciel libre de façon à ce que je puisse faire ce que j'ai à faire sans utiliser aucun logiciel qui n'est pas libre. J'ai démissionné du AI lab afin d'ôter au MIT toute excuse légale pour empêcher que je distribue GNU librement.

Hache publie son deuxième texte politique, avec LE MANIFESTE GNU, traduction française autorisée du texte historique qui a démarré ce qui semblait alors une plaisanterie de hippie, et est aujourd'hui le système GNU/Linux, un système d'exploitation puissant et fiable, libre comme l'air, produit d'un travail collaboratif sans précédent dans l'histoire des hommes, salut probable de Unix, unique alternative aux systèmes Microsoft et, surtout, moyen de production de Hache et des autres sites produits par dtext.com ! [obsolète]

23 août 1999

Aujourd'hui je pleure, je suis incapable de me retenir, comme à l'habitude j'attends d'en avoir plein mon casque. Les saucisses de Francfort font elles pleurer? Tout est éphémère."

Dures semaines pour ceux qui n'aiment pas Bernard Saulnier :-), qui publie un nouveau texte sur Hache, LA GRANDE.

9 août 1999

Il se dit, moi le singe j'ai une conscience, je trouve la théorie darwinienne déficiente, peux pas dire au juste quel défaut mais y'a une faille.

Rentrée précoce pour Hache qui publie LE SINGE, nouveau texte de Bernard Saulnier.

23 juin 1999

Il est fou sur l'acide devient suicidaire, il boit du lait et se retrouve à regarder la neige à la télé. Glauque lit tout, des potins par un travesti en passant par Jacques Ferron. Il est incapable d'attendre mais attend tout le temps. Il mange des baffes enfant dire qu'il est vicieux c'est de la connerie."

Hache publie LE GLAUQUE, dont est extrait le fragment ci-dessus, premier texte en troisième personne (il) publié par Bernard Saulnier sur le serveur.

8 juin 1999 Elle de Bernard Saulnier + sondage

La tête enflée comme un hydrocéphale immense, pareil à la mer remplie de nappes de pétrole avec des idées mortes, bien mortes flottant le ventre à l'air dans la brume. Then he jumps. Elle s'est mis dans la merde elle a gobé ses médicaments pour se ramasser à l'hôpital. J'ai eu un appel de elle au début de la nuit, l'hôpital l'avait mise à la porte, elle avait pas d'endroit pour dormir.

Hache publie Elle, un nouveau bloc de prose de Bernard Saulnier, organisé cette fois autour d'une évocation féminine.

D'autre part, petit sondage pour tous les lecteurs. Je sais que beaucoup d'entre vous impriment les textes pour les lire. Je souhaiterais savoir si vous rencontrez des problèmes en cela, et si vous souhaiteriez disposer d'un format spécialement prévu pour l'impression. Faites-moi savoir.

23 mai 1999

Elle a des gerçures aux lèvres, d'éreinter les mots qu'elle me sert, en monologue astucieux, d'apprivoiser l'air en vastes voyelles, son cul plongé dans la rigueur du manque, ses bras vivants seuls, automate déguisé cherchant dans les pourboires de l'absolu la trace d'elle.

Hache publie La chambre verte, de Serge Libs, ou quelques variétés de la dépendance.

Note: Pour ceux qui ont eu de la peine à écouter la lecture La Fontaine, un site supplémentaire plus rapide à été ajouté, qui semble ne poser aucun problème des deux côtés de l'Atlantique.

19 mai 1999

Je ne puis souffrir le ton rustique et faux [des contes de La Fontaine], les vers d'une facilité répugnante, leur bassesse générale, et tout l'ennui que respire un libertinage si contraire à la volupté et si mortel à la poésie.

--Paul Valéry

Hache publie une lecture intégrale de Joconde, un conte de La Fontaine (1664). 20 minutes et quelques de son pour un demi millier de vers. Le son est en format RealAudio (joué immédiatement, sans besoin de télécharger d'abord un fichier).

Contrairement à Valéry, j'ai toujours trouvé dans les vers irréguliers de La Fontaine un peu de la beauté radicale qu'il me faut.

Avec cette lecture, je n'ai pas eu d'autre but que d'essayer de faire entendre cette poésie aussi clairement que possible, et notamment ce qui me semble en elle le plus profond, et qui passe par le rythme, et par la façon dont les sons s'attirent et se repoussent.

Le texte est aussi donné intégralement dans sa version "alphabétique".

Conseil d'écoute: au casque, fermer les yeux, suivre le son. Texte par la suite, si nécessaire.

Note: Il semble que l'accès au site soit parfois un peu difficile en ce moment d'Europe en fin d'après-midi, mais bon le reste du temps. Aucun problème toute la journée depuis le continent américain.

23 avril 1999

A partir de maintenant, on inclura généralement la note aux lecteurs dans la page édito. Pour la recevoir au fur et à mesure, laissez votre adresse email en page d'accueil.

Ceux d'entre vous qui s'intéressent à l'art audio et à la poésie sonore seront content d'apprendre qu'un CD audio Joachim Montessuis est disponible. Ce CD ne contient pas les pièces sonores publiées sur Hache, mais d'autres travaux, avec ou sans texte (durée totale environ 70 minutes). Tous les textes utilisés ont néanmoins été publiés sur Hache.

Lisez sur Hache la description du CD, que vous pouvez commander au prix de... allez, essayez pour voir ?... au prix de 30 FF port compris pour la France, 45 FF port compris pour l'étranger. [Note (janvier 2001) : la cassette est épuisée ; contactez-moi si vous recherchez des enregistrements de Joachim Montessuis.]

9 novembre 1998

La liste de diffusion de création littéraire foutoir-verbal, démarrée le 30 octobre 1997, a été débranchée le 6 novembre 1998, soit une année et 1255 messages plus tard, pour faire place à un nouveau projet (voir avis d'interruption plus bas).

A cette occasion, la dernière tranche d'archives (jusqu'au 6 novembre) est publiée.

From: JDP
To: foutoir-verbal
Subject: [verbal] verbal: ***FIN***
Date: Fri, 6 Nov 1998 18:29:12 +0100 (CET)

Chers amis, 

J'ai pris la décision de mettre un terme à foutoir-verbal.

Après un an (tout rond) d'une expérience intéressante, et à laquelle
j'ai pris beaucoup de plaisir, ma réflexion sur le thème de l'Internet
comme médium "littéraire" a évolué, et je souhaite maintenant offrir
aux créateurs une structure qui leur soit mieux adaptée.

Cette structure sera moins "amateure", dans le sens où ceux qui y
participeront comme auteurs y seront réellement considérés comme tels,
et non comme des contributeurs indifférenciés à une liste de diffusion
ouverte à tous. Elle s'adaptera au contraire directement au projet
d'écriture de l'auteur, dans une combinaison de liberté et de
contrainte qui lui rendra un meilleur service que cette liste. 

Cette nouvelle structure sera également avantageuse pour les lecteurs.
Tous les membres actuels de foutoir-verbal y trouveront donc, s'ils le
souhaitent, leur place, comme lecteur ou comme auteur.

Faut-il faire un bilan? Je ne pense pas que ça soit vraiment
nécessaire. Les archives restent, et chacun peut y suivre à nouveau,
s'il le souhaite, les hauts et les bas de cette entreprise assez
particulière, aussi éloignée que possible d'un atelier d'écriture, que
plusieurs lecteurs m'ont décrite comme d'une qualité exceptionnelle,
en regard des entreprises apparentées sur l'Internet. C'est bien, mais
le temps est venu de faire mieux.

Je contacterai directement ces prochains jours les participants actifs
de foutoir-verbal (ceux qui ont régulièrement écrit dans le cadre de
la liste) à propos de la nouvelle formule. J'espère qu'ils trouveront
dans ma proposition une réponse à leurs attentes.

Les participants occasionels ou passifs (lecteurs avant tout) sont
invités à découvrir sur Hache, très prochainement, l'annonce de
création de la nouvelle structure. J'invite ceux qui voudraient
s'assurer de ne pas la manquer de laisser leur adresse sur Hache, dans
le formulaire au bas de la page d'accueil à

  http://www.dtext.com/hache/ ,

et ils en seront avertis.

A tous merci, et particulièrement à Bernard Saulnier, Pierre Igot,
Michel Avignon, Robert Canovaro, Robert Cuffi, fapeyla, Joachim
Montessuis, Ludovic Kaspar, Nancy Magill, Danièle Momont, Dominique
Paratte, Raphaël Cohen, Marc Sasséau, Mireille Sasséau, Jean-Charles
Vidal. Merci à ceux que j'oublie aussi, et aux lecteurs restés dans
l'ombre, pour avoir été des nôtres.

N'hésitez pas à me contacter personnellement ou à vous écrire les uns
aux autres, mais ne postez plus sur la liste, qui va être
"débranchée", impitoyablement, comme un vulgaire robot. (Il est
également inutile d'essayer de vous désinscrire.) Les liens entre
individus qui constituaient sa réalité la plus profonde demeurent.

A plus tard (ailleurs),

JDP
Hache + foutoir-verbal

Hache participe à Lire en fête

15 octobre 1998

De tout ce qui est écrit, je n'aime que ce qu'on écrit avec son propre sang. Écris avec du sang, et tu apprendras que le sang est esprit.

Il n'est pas facile de comprendre du sang étranger: je hais tous les paresseux qui lisent.

Zarathoustra

Bienvenue à toi, visiteur.

Tu passes d'un stand à l'autre de cette kermesse de la lecture à laquelle Hache participe, et à force de bière et de saucisses, te voilà convaincu que lire est une bonne chose.

Fais attention, on te trompe.

Lire est en général une mauvaise chose. D'abord, que tu t'en rendes encore compte ou que tu aies dépassé ce stade, c'est le plus souvent ennuyeux. Selon certaines théories, s'ennuyer est une bonne chose, mais il faut se méfier des théories, surtout celles des gens qui s'ennuient.

Ensuite, c'est plutôt mauvais pour la santé parce que ça ne sollicite le corps que de façon très partielle. A force de lire, les muscles s'atrophient, la digestion se complique, le coeur s'affaiblit. Si le livre est vieux, il y a le problème de la poussière. Si c'est publié sur l'Internet, ça fait mal aux yeux.

Et bien sûr, pendant que tu lis, le temps passe, et tu vieillis.

Mais le pire, visiteur, n'est pas l'ennui que ça provoque, ni la constipation ni les muscles qui fondent, le pire n'est pas la poussière, n'est pas le mal aux yeux, n'est pas même ta vie qui passe.

Le pire est lorsque à force de lire tu te mets à confondre les idées et les expériences, ce que tu crois avec d'autres croyances, ce que tu veux avec d'autres désirs, jusqu'à perdre complètement le fil de ta vie.

Terni par l'ennui, constipé, faible, déjà vieux, empêché de penser et de ressentir, ne sachant plus ce que tu aimes, ce que tu veux ou ce qui t'intéresse, te voilà mal barré. Qu'est-ce que tu vas faire? Il n'y a presque plus rien qui soit à ta portée. Comment gagneras-tu de l'argent? Comment survivras-tu? Comment te feras-tu aimer?

Tu fais un bilan de compétences, et tu t'aperçois que tu n'en as plus qu'une, de compétence: faire des connexions vagues entre des bouts d'oeuvres et ce qu'il te semble vivre, et ce qu'on te dit -- voire ce que tu lis, c'est-à-dire entre des bouts d'oeuvres et d'autres bouts d'oeuvres. De ces bouts et de ces oeuvres, tu es de plus en plus incapable d'apprécier s'ils sont intéressants ou non, et tu ne te fies plus à la fin qu'à la notoriété de leurs auteurs pour en décider.

Pour survivre avec cette seule compétence qui te reste, tu n'as plus guère de choix: il te faut impressionner des enfants ou des gens encore plus confus que toi en leur laissant croire que tu en sais plus qu'eux, et que tes divagations cachent quelque chose. Ce qui, concrètement, te donne deux carrières peu ragoûtantes et pour lesquelles tu sens, avec toute la clarté qui te reste, que tu n'es pas fait: l'enseignement et l'écriture.

Mais comment en es-tu arrivé là?

En lisant des mauvais livres. Mais pourquoi y'a-t-il tant de mauvais livres? Parce qu'il y a tant de mauvais écrivains, pour la raison qu'on vient de voir.

En lisant, aussi, à un moment où il aurait fallu l'éviter, des livres (bon ou mauvais absolument) dont tu n'avais pas besoin.

Mais comment se fait-il que tu en aies lus autant, de ces mauvais livres, et de ces livres dont tu n'avais pas besoin? Après un certain nombre de mauvais livres, ton jugement était si gâté que ça n'a rien d'étonnant. Mais pourquoi as-tu commencé à lire des mauvais livres? Pourquoi, alors que tu a été une fois, toi aussi, un enfant plein de possibilités, avec des désirs nets et une vraie vie, t'es-tu enseveli sous tous ces livres qui ne te concernaient pas? Est-ce que tu ne t'es pas rendu compte, au début, qu'ils étaient ennuyeux?

Bien sûr que si. Mais tu as eu la faiblesse de croire des gens qui t'ont dit que ton jugement te trompait. Tes parents t'ont dit que lire était une bonne chose. L'Etat, qui organise Lire en fête, t'a dit que c'était une bonne chose. Tes professeurs et les écrivains que tu lisais, pour des raisons que tu comprends maintenant, t'ont dit que c'était une bonne chose. Qu'on n'en avait jamais fini, et que c'était merveilleux. Et tu les as crus. Malgré que tu n'y comprenais pas grand chose, et que ça n'avait aucun lien avec tes désirs et ta vie. Peut-être dans l'idée d'échapper à quelque chose. Tu as fait un saut, dont, si ça se trouve, on t'a félicité. Un grand saut dans le vide, hors de toi-même, et tu es encore en train de tomber.

Il y a deux façons dont, avec un peu de chance, tu peux être sauvé. D'abord en remarquant à quel point la lecture te nuit, et en cessant tout à fait de lire. Tu deviens alors autre chose qu'un lecteur, tu deviens un bûcheron, un garagiste, quelque chose. Tu loupes la pointe de l'héritage humain, mais peut-être que tu arrives à vivre une vraie vie.

Pour être sauvé de l'autre façon, qui est plus difficile, il te faut tomber, avant que tes intuitions et ta confiance en toi soient complètement mortes, sur un bon livre. Pour être bon pour toi, un livre doit répondre à l'étape actuelle de ton développement. Un bon livre, d'une façon ou d'une autre, répond à tes aspirations, et te pousse en avant. Une fois que tu as lu un bon livre et que tu as réalisé la différence avec un mauvais livre, tu te mets à lire moins, mais ce que tu lis fait une différence pour toi.

Les bons livres ne sont pas faits de connexions approximatives entre des débris culturels qui flottent dans des esprits sans lumière. Ils sont écrits avec le sang de leur auteur, ils correspondent à sa vie, c'est-à-dire à ses désirs, à ses besoins, à ses réussites, et à ses échecs qu'il essaie de transformer en réussites.

Si tu n'as pas déjà une vie, aucun livre n'est bon pour toi, si ce n'est un livre qui pourrait te donner une vie, mais c'est peut-être un peu beaucoup demander. Si tu as une vie, que tu as un mouvement, que tu tires un fil, que tu as des désirs que tu veux satisfaire, que tu cherches, que tu n'es pas facilement satisfait, alors il y a des bons livres pour toi, et ça vaut la peine que tu les cherches, parmi d'autres réponses, d'autres nourritures, d'autres stimulants et d'autres calmants.

Hache t'offre ses flacons, soigneusement sélectionnés. Foutoir-verbal te propose des nourritures plus abondantes, mais plus mélangées. Pour t'y retrouver, tu peux suivre ce guide. Le ministère de la culture inventorie aussi les autres sites [obsolète] qui participent à Lire en fête. Il y a là aussi, peut-être, quelque chose pour toi. Mais sans doute rien. Ca n'est pas automatique, c'est rare, il faut chercher. C'est ta vie. Courage.

Hache, fin des problèmes

6 septembre 98

Quelques problèmes techniques-administratifs ont perturbé le courrier de l'éditeur (formulaire de Hache y compris) et la liste foutoir-verbal en juillet et en août. Les problèmes sont résolus. L'éditeur est à nouveau joignable à son adresse. Si vous avez envoyé des messages récemment (à l'adresse ci-dessus ou par le formulaire) et qu'ils sont restés sans réponse, je ne les ai sans doute jamais reçus -- merci de les renvoyer.

Pour les participants à foutoir-verbal: nous n'utilisons plus Majordomo comme serveur de liste, mais Smartlist. La seule différence indispensable à connaître est la nouvelle procédure d'inscription/désinscription. Détails là-dessus et sur les autres fonctionalités de la liste dans la présentation de foutoir-verbal, qui a été mise à jour.

La page contact a également été mise à jour. Le formulaire ne se justifiait plus vraiment (maintenant que l'utilisation des caractères accentués dans l'email s'est généralisée). Un formulaire express pour s'inscrire à la liste lecteurs a été ajouté.

Archives de foutoir-verbal

1er juillet 1998

Publication intégrale des archives de foutoir-verbal, liste de diffusion de création littéraire (voyez la présentation de la liste). Tous les messages postés depuis sa création le 30 octobre 1997 jusqu'à hier 30 juin, consultables de différentes manières.

Montessuis sur Hache/sur bande

30 juin 1998

Hache publie Dynamogénies de Joachim Montessuis, un ensemble vigoureux constitué de dix poèmes. Ces poèmes sont apparus pour la première fois sur la liste de diffusion foutoir-verbal.

Hache vous propose aussi Joachim Montessuis sur bande! Vous pouvez acquérir par le serveur une cassette audio de son travail sonore actuel. Cette cassette contient notamment deux oeuvres sonores utilisant deux des poèmes composant Dynamogénies (L'art du Christ, et Le sexe de l'arbre). Neuf autres pièces les accompagnent. Voyez la description de cette cassette exceptionnelle.

Dernières publications

29 mai 1998

Hache publie aujourd'hui un nouveau texte de Bernard Saulnier, Travelling Blues. Autres nouveautés depuis le dernier édito: Joachim Montessuis publie une nouvelle version de sa pièce sonore Particules d'iris. Cette version comporte des modifications de contenu et des modifications techniques (meilleure qualité sonore). Particules d'iris a inspiré à anonyme un remix, Soulèvement. Enfin Pierre Igot a publié le poème No Requirements.

Editorial: Foutoir-verbal, Cohen, etc.

20 janvier 1998

Foutoir-verbal, liste de création littéraire engendrée par Hache (voir édito du 29 octobre et présentation), compte aujourd'hui 42 membres et a distribué 293 contributions (soit 1MB de texte) depuis sa création. La liste est donc bien vivante, d'une vie qui, même si elle se suffit en quelque sorte à elle-même, commence à alimenter Hache et continuera sans doute de le faire.

Entretemps Hache a publié Un monde parfait de Raphaël Cohen, un texte un peu décalé par rapport à ce qui pourrait être perçu de l'extérieur comme la ligne de Hache. Une ligne qu'on pourrait percevoir de l'extérieur, cela dit, nous n'en voulons pas, nous ne pouvons pas en vouloir, aussi ce décalage est bienvenu et d'autres décalages similaires et pas similaires sont à prévoir. Hache publie aussi aujourd'hui Humeurs un texte dont une première version a été postée sur Foutoir-verbal.

Editorial: Foutoir-verbal (et préférences)

29 octobre 1997

Hache annonce la création de foutoir-verbal, liste de diffusion de création littéraire.

Cette création répond à un désir, celui d'apporter une plus forte dimension "communautaire" (avec les réserves d'usage sur l'opportunité d'une communauté d'artistes) aux activités développées jusqu'ici sous l'enseigne Hache. Cette liste vise notamment à mettre en contact, essentiellement sous la forme d'échange de textes, les auteurs de Hache et les autres personnes ayant montré un intérêt pour le serveur, notamment celles qui, malgré cet intérêt et malgré l'intérêt réciproque que leur a témoigné l'éditeur, n'ont pas eu l'occasion de faire connaître leurs textes. Bien sûr, elle est aussi destinée à tous les autres qui se sentent ou se sentiront un tant soit peu de communauté de sensibilité ou de projet, et qui auront envie de tenter avec nous l'expérience.

La liste se différencie notamment du serveur par son immédiateté (la liste n'est pour l'instant pas même modérée), et par sa tolérance aux errements et à l'inaboutissement. Si l'esprit reste en gros le même que sur le serveur, ce qui est visé n'est plus la publication de morceaux jugés "aboutis", mais au contraire la création d'un flux imparfait mais qu'on espère plus vivant et plus riche, ayant une valeur stimulante pour ses participants. Advienne que pourra.

Voyez une présentation de cette nouvelle liste, contenant notamment les indications pratiques pour participer. Une fois inscrits, les participants sont invités à consulter les informations actuelles pour les participants.

Editorial: Montessuis, and more

19 septembre 1997

Hache publie Particules d'iris, un extrait sonore d'une plus grande pièce sonore de Joachim Montessuis. Il ne s'agit pas d'une simple lecture mais d'une construction sonore, rythmique et polyphonique.

La publication d'une oeuvre sonore est une première pour Hache. La possibilité en était cela dit annoncée dès la création du site (voir Soumettre un texte). Le travail sur la dimension orale du texte a en effet des liens naturels (et se confond même dans certains cas) avec le travail de la langue tel qu'il est pratiqué par les auteurs du serveur.

Editorial: An 1

4 février 1997

Courrier de l'éditeur suscité par Hache et inédits publiés
(janvier 96 à janvier 97)
  Nombre Volume en KB Nombre de personnes
Messages échangés avec correspondants occasionnels 272 1449 72
réguliers 1261 7174 7
tous 1553 8623 79
Textes inédits publiés 13 194 4

Cette première année de Hache c'est beaucoup, énormément de courrier, pour un petit nombre de textes publiés. Ce qui veut dire au moins deux choses: d'abord que les quelques textes retenus sont le résultat d'une sélection exigeante, ensuite qu'il se passe des choses, non seulement sur le serveur, mais aussi autour du serveur. Dans des esprits et dans des corps. Joyeuses, douloureuses, indifférentes, joyeusement indifférentes, douloureusement indifférentes. Des renvois, des coups de coude, de reins, de la misère économique, de la paralysie et du mouvement, des doutes, de la joie, de l'amitié, de l'excitation, de la rage, du travail et de l'oisiveté. Des choses qui finiront peut- être par donner d'autres choses, le genre de choses peut-être qu'on avait prévu au départ, et ça vous sera proposé sur le serveur, ou un autre genre de chose, et ça vous sera peut-être quand même proposé, ou bien rien, des déchets, et on ne parlera plus de Hache. On verra. Vous verrez. Réjouissez-vous :-)

Note : il n'y a pas eu d'éditorial en 1996, si ce n'est la présentation originale du serveur.

 

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