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Le Pur

Bernard Saulnier

mars 2000

Y’avait le pur qui ne se lavait qu’avec du savon du pays portait des caleçons recyclables. Le pur il voulait sauver le monde avait des convictions. Connaissait pas la vieillesse, vieux on se range on s’assoit dans un fauteuil pas dans un piquet de grève. Le pur il avait tout lu depuis son départ de l’université. Les mots, ces précieux mots, le pur en avait toujours un bon au bar, il pleurait disant qu’il se sentait coupable. Voulait pas se salir pas faire de compromis. Sa vision du monde était tordue siégeait dans des conseils d’administration bidon. Parfois, invité à faire son autocritique il avouait plus qu’il en avait fait. De son poste, il faisait profiter de ses largesses l’employée féminine, façon peu orthodoxe de cruiser, un lunch sur le bras ça causait pas de problème. Dur avec lui manipulateur avec les autres, prenait une part de loyer pour la rumba. Ses idées pro communo l’avançaient à rien. À chaque échec le pur tombait dans la psychose et la dépression. Il était déjà un vieux libertin à deux faces montrant des allures de compassion croyant en rien, se détruisant. Chaque matin la vie semblait plus noire que la veille. Incapable de souffrir un patron dénué de principes personne pouvait jeter un œil sur lui sans qu’il se sente attaqué. Il attendait le grand soir pour faire payer tous ces cochons, se croyait un grand esprit, aurait aimé fréquenter Harvard ou Oxford, pas tellement brillant dans ses bouges de troisième ordre il faisait de la psychologie à cinq cennes. Militant, fréquentant des groupuscules de gauche comprenait pas que si peu de gens adhèrent à la cause. Se prenait pour un autre ne jurait que par les syndicats. Correct d’être syndiqué mais encore faut il être un honnête homme, il ne l’était pas. Prenait le rôle d’un avocat fantoche dans des causes perdues pour des libertaires qui ne se conformaient qu’à la dictature de la majorité jusqu’à ce qu’ils tombent dans les bonnes grâces de la direction. Il disait toujours si vous voulez avoir du monde donnez leur à manger, voyait les policiers comme de la graine de fasciste l’empêchant de mener ses rackets de propagande. Police partout, justice nulle part. Il rêvait au grand timonier, de faire lui aussi sa traversée du Yang-Tse sans parler de ses prières devant l’effigie de Mussolini. Mégalomane, se voyait à la tête d’un gouvernement dictant des lois des ordres, ça roulerait ! Plus d’empêcheur de tourner en rond. La mafia financière prendrait le bord de la prison. Puéril toujours révolté parce que la vie ne lui donne pas le prestige auquel il a droit. Orgueilleux il a une haute opinion de lui, pense à son épitaphe « un homme s’est levé a marché ». C’est une épave. Il se croit malin détruisant des vies sur son passage un marxiste malade se méprend sur les intentions des gens. Infréquentable il ne fréquentait que des paumés nihilistes, désabusé, criant à la fin du capital, jetant de l’argent volé. Faisait taire sa conscience à coup de double scotch. Protestait, manifestait, signait, n’importe la pétition toutes les causes étaient justes. Enfant il lisait des comic books de Batman et Superman, une annonce l’accrochait, pour quelques dollars on envoyait un « vrai » sous-marin un « vrai » char d’assaut. De la frime pour lui enlever ses économies. Il adore la porno soft, les photos de girl next door, se voit épouser la fille d’un millionnaire se retrouve toujours avec des filles travaillant au noir. Il dit le peuple d’une manière dégueulasse, méprisante, se considère au-dessus du prolétariat. Sans boulot avec une grande gueule. Il endort sa paranoïa… Les ramasseurs de coton c’est la vraie noblesse. Un spécialiste de la « fucked up » sandwich, pain pita viande hachée et sauce étrange. À la grande marche du premier mai quelques gars sont gris leur canette de bière à la main. Le barbu aux cheveux longs vend sa propagande en compagnie d’une jolie fille. Ils montrent les quartiers pauvres un débile dit qu’il a de beaux pieds. Le pur a la paume d’un pousseux de crayon. Il fréquente le boulevard des rêves fous. Le lumpen prolétariat ça mène à des atrocités. Les gens veulent pas de ça juste une petite vie tranquille devant la télé. Un nerd pas forcément intelligent mais des idées révolutionnaires dépressives du genre j’irai pas à la mort seul je les emmènerai tous avec moi, situation dangereuse pour des gens qui ont rien à foutre de la politique, deux alpinistes descendent en rappel sur les murs de l’université ils placent une banderole qui dénonce la main mise de l’entreprise privé sur l’institution. Internationaliste le pur est aussi pas de pays, pas de patrie, anarchie. Xénophobe connaît aucun étranger se plaît à dire qu’il aime bien le métissage mais veut pas travailler avec les « nèg ». Une éponge il absorbe toutes les idées gogauche à la mode. Y pensait qu’y’était dans une vue jouant une sorte de Che de guérilla urbaine. Il se présente à l’hôpital demandant sa déportation à Cuba, le psychiatre s’est fait sucer.

Le pur minimise toujours le succès des autres ce sont tous des intrigants des vendus sont tous corrompus. Lui, sans talent pour vivre critique tout ce qu’il entend de sa « grandeur » de moins que rien, considère les artistes comme des tatas. Ses goûts de snobinard c’est son coté critique vis à vis la société. Dans le dépouillement pas par choix mais parce qu’il n’est pas prêt à se vendre au capital. Se lever tôt le matin, l’hiver, pour attendre l’autobus dans le froid poinçonner sa carte de temps il déteste. Un bagnard repenti lui a pourtant dit que tout le monde punchait. Ivre, le pur disait « faut se changer avant de vouloir changer le monde ». La façade était belle, l’intérieur en ruine. Le pur signe une carte syndicale lâche la job et gueule contre le corporatisme des syndicats. L’union fait la force, pour un être égoïste égocentrique ça veut rien dire. Il pense qu’à l’argent le reste il s’en fout. Prisonnier de son enveloppe charnelle, déficient, il fonce vers la mort. Prolétaire de tous les pays unissez vous, il scande ça à une oreille saoule commande une autre bière. Devant les embûches il ne pense qu’à mourir dit que la vie est plus facile sans Dieu ni maître. Abject prêt à n’importe quoi pour du fric il traîne son corps dans les bas fonds semant la bisbille pour la cause, sans s’apercevoir de son ridicule, croit qu’il résiste c’est facile de convaincre trois types de pas aller voter en échange de quelques bières. Vieil adolescent qui sait pas canaliser sa révolte. Le mur est tombé la guerre froide finie. Il ne jure que par les Chinois qu’y s’y mettent eux aussi. Tout s’écroule. Il dit c’est pour demain, c’est pour demain on fera crever les cochons de bourgeois. Trop idiot pour voir que la vie est plus facile qu’en Afrique. En attendant il quêtait des cigarettes aux abords d’une station de métro zieutait les jolies femmes en pensant que les années les auraient à l’usure : tellement frustré il croyait que l’abstinence est un choix politique. Il déplorait que les passagers du transport en commun n’entament pas de discussion pour régler le sort de la planète ou tout autre sujet connexe, voire : Dieu et l’univers. Quarante ans toujours par terre, un peu mystico, accroché à mai soixante huit, les lendemains qui chantent mais lui pleure il pleure pour l’amour. On lui a offert une arme il a refusé, fils d’un « petit boss » qui a essayé de déjouer son destin de balayeur. Moi j’ai plus grand temps à perdre le pur existe peut être mais son âme est tachée il est dans la merde un déversement d’huile coin Notre Dame et Delormier un incendie coin Parthenais Sainte Catherine. Une brasserie flambe. Fini la pureté il quémande de l’affection des écœuranteries. Le pur c’est une partie de moi un surnom pris dans les bars devant l’impossibilité d’être moi. J’ai pas la carrure c’est comme si des milliers de démons me passaient dessus. Me taire écouter le mal d’être. Je veux courir dehors, m’épivarder mais j’ai mon char de toutes ces rues. Je ne vois que le blanc de l’hiver. Le pur est harcelé par les Chevaliers de Colomb il est né dans le sang comme tout le monde. Je crèverai en relâchant mes intestins. Le pur un enfant gâté en rupture de ban on fait pas un poète d’un goujat. J’ai pas envie d’être un personnage, juste moi, j’irai m’ensevelir dans ces bars où la musique vous cogne à vous abrutir. Le pseudo pur il recycle rien de dur, recycle que ses mots limités, bafouille, jure, crache, la vie le frappe à coup de balais il se soigne quand même…

On l’appelle le sale, trahit tout et tous, se sent persécuté y’a des raisons les connaît pas, le pur marche le menton haut y’a pas de raison d’être fier. Je prends l’âme du pur. J’ai pas de couilles entrevu quelque folles à la télé qui gloussaient et piaillaient sur le mot français. Y’a ces rues, ces rues qui sont attachées à mes pas, ces triplex aux escaliers en colimaçons, ça fait cliché mais jamais je ne les connaîtrai mieux que maintenant. Elles me rappellent rien ces rues comme si je sortais d’un coma aucun souvenir diurne n’y est attaché ce dôme au bout de la rue Jeanne Mance. La peur s’empare de moi à la simple idée de sortir seul c’est déjà trop sérieux. T’as beau marcher tu rencontres que des inconnus. Parfois je rêve des grands chemins, au grand Canyon, au désert de l’Arizona j’irai jamais suis attaché à Montréal à ma petite vie urbaine. Je suis déjà un vieux fou qui a gaspillé ses jeunes années. Je veux pas, je veux pas savoir quoi lire. Écoute, écoute moi j’ai rien, rien qu’une souffrance solitaire, suis armé de patience devant ce mal que j’endure. Qui croire ? Quoi croire ? Que les mots défont la douleur mais non, mais non, la seule toundra que je connais elle est en moi froide et aride elle attend la mousse du bonheur dans un demi-silence. Here is the fucked up guy ! Ça s’engueule, il a des dettes. J’offre ma journée à Dieu. Le pur n’est plus reste qu’un homme plein de contradictions. J’essaie de trouver un peu de chaleur dans la prison des mots c’est difficile, très difficile d’écrire le vent du néant qui me traverse l’esprit ça crie, ça geint, ça sile ça donne une musique de fin du monde. Le pur est imparfait il a toujours les oreilles grandes ouvertes, un faux brave, il a peur, peur de finir ses jours enfermé. Je perds, je perds je ne sais quoi, faut garder ça pour soi, je me bats, bats avec moi, la tête me marche, trépigne, cette tête cette matière grise qui saute d’une chose à l’autre comme ça sans savoir pourquoi. Le pur se cache comme une bête blessée léchant sa plaie. Il se défonce en tirant des coups de revolver à pétard vers l’écran de télévision. Le pur a mangé une tape sur la gueule l’air maniaque avec son carnet, se faire petit, très petit comme une goutte d’eau pure. Le chien, le sale, y’a toujours la paranoïa, la connerie ! De nouveaux amis ! Je monte et descends pour fumer ma cigarette devant une caméra de surveillance, me fais claquer les dents correctement. Je pisse dans les oreilles. Panique sur Maisonneuve ! Une tout terrain passe au ralenti un CH collé sur le pare choc, trois gars l’air trop normal courent et tournent sur Fullum, l’angoisse me prend. Sur Bélanger un autre vire en une vitre de portière défoncée, le pur fait sa ride d’autobus devenu impur il se regarde dans la glace, sale gueule, bouche de suceux de cul. Puisqu’il s’agit de tuer le je tyrannique, le moi égoïste et sauvage prendre le risque de l’autre en écoutant. Je vois le mal le sens, suis susceptible. Je cherche, cherche toujours à guérir cette douleur ineffable. Laurier parlait des intérêts personnels qui ne sauraient guider une vie, trop égoïste, faut penser à la collectivité, à la communauté.

Un bateau à plusieurs mètres dans les airs dans un village américain reculé où je travaille à monter une ligne électrique en compagnie de femmes. Parfois j’ai de ces urgences de ces rages de vivre malgré, malgré tout le mal. Le monde a un sens mystérieux que nul ne peut approcher. Un demiard de lait me parle « Isaac ira pas loin avec ça » Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob… Le pur bambôche à gauche à droite son monde s’effrite se disloque parvient jamais à refaire le puzzle. Il veut un grand silence dans sa tête rien qui relance ses pensées. J’ai le mépris facile je détourne la tête pour pas voir un mendiant un jeune fait la même chose en me voyant, une fille au regard fou montre les quatre doigts de sa main gauche pendant qu’un vieux salue tout le monde. Je sais, je sais c’est à l’intérieur que ça se passe, ça demande un effort, un grand effort. L’insignifiance, je marchais derrière, un gros câble sur le dos avançant avec peine je suivais le sentier l’ai perdu n’entendais que le vent dans les arbres, j’allais me perdre m’enfoncer dans la forêt ai fait demi-tour et suis sorti du bois. Moi et le pur on trouve quand même moyen de s’amuser mon partner fait coach d’estrade un visage de gargouille, défait grimaçant. Le pur m’a quitté il a plus rien la crasse qui lui enveloppe l’âme commence à fondre. Les cloches tintaient, des baptêmes, on te pardonne à ta naissance, t’es encore pur, t’auras bien le temps de te salir une fois le soleil couché, la neige se fait vieille et grise, impure. Le pur bave du sang se mutile la bouche, il a trop parlé. Je le laisse là, seul qu’il se débrouille avec ses manies ses façons efféminées. J’invente rien, j’invente rien quand je dis que dehors ça crie, ça hurle, ça se bat pour un morceau de pain ou le désir. Je suis un roturier. Je plonge retirer les scories, les émotions fossilisées, c’est derrière moi tout ça. Le pur se voit empaillé embaumé. Je pogne le fix, l’horizon est prêt c’est quand même le vide. Dans une voiture des années soixante des gars me harcèlent je leur rentre dedans. Je joue de la guitare devant Ziggy Stardust. La police arrive pour que j’arrête ils ne font que des hein ! Hein ! Hein ! Le pur allongé dans un sofa au sous-sol fait rien, rien que regarder la télé, les conneries de la journée, complètement abruti. Il disait regarder avec des lornières à la place de lorgnettes. Il s’est planté dans l’ornière. Je suis dans cet autobus de la rue Lacordaire je vais trimer y laisser ma santé c’est toujours les même passagers, j’y suis dans l’ornière. Du blues des familles à la radio, tu me diras, Robert Johnson. J’ai des éruptions un peu partout dans la bouche, sur le cuir chevelu. Talk ! Talk ! Talk !

Stanislavsky « l’art en soi plutôt qu’être dans l’art ». Y’a gravé dans le ciment frais du trottoir, un phallus, c’est la porte d’entrée du quartier gay. Y’a la grève à l’Oratoire Saint Joseph font plus de miracles. C’est comme si je faisais le tapin y’en a pour tous les idiots du monde dans la ville on se fait voir et on va se faire foutre. Le pur essaie de s’arracher aux choses matérielles, s’approcher de l’esprit. Ça pustule ça s’enfle une âme, ça devient la conscience, ça passe mal l’âme c’est pas télégénique, c’est juste là parfois ça fait mal une douleur indicible. Avec qui t’as couché pour te rendre où tu es la bite de qui t’as sucé. C’est médire mais y’en a qui lésinent pas sur les moyens et se foutent une balle dans la tête. Le pur rêvait d’être gitan pas d’attache toujours en voyage il est jamais décollé de son coin de rue. Il a voulu forcer l’entrée d’autre monde que de mauvais résultats personne voulait s’ouvrir, ils se tenaient sur leur garde. Isaac c’est le sacrifié. Lequel du pur ou de moi je vais laisser. « Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler lent à se mettre en colère. » Je suis devenu muet, j’avais pas assez de mes deux oreilles, ça m’effraye y’a des paroles qui sont assassines, « Le mépris de soi même conduit au désespoir » Bernanos. J’étais en altitude avec des amis en dessous y’avait des bungalows, au loin des cheminées et une lumière qui brillait nous étions dans le smog je regardais dans des boîtes laissées là elles contenaient de vieux ustensiles de cuisine, une autre un vieux magnétophone à bobines il était en morceaux. Si je le tuais le pur pour n’être que moi un être imparfait et faillible. Pas si vite ! Pas si vite ! Tu es bien d’autres choses souvent navrantes et misérables à la go goy. Mon corps sent toute la pesanteur de vivre, pression sur le crâne, jambes molles. Le pur veut cette langue un peu pincée onctueuse raffinée, c’est l’envie qui l’habite. Il joue la carte de l’authentique par défaut. Un cliché d’âme délabrée. Il lui reste plus beaucoup de cœur au fond c’est qu’un muscle. Le pur passe son temps à se zigner une vraie mainette… Il est muet par volonté, un mutisme revendicateur et revanchard, je me tais vous ne saurez rien. Le pur s’est fait sodomiser, les maîtres du pur s’étaient aperçus d’un changement de petit garçon tranquille il était devenu agité et dessinait des armes à feux. La mère convoquée l’a changé d’école pour éviter les explications. Le fils sacrifié sur l’autel de la luxure. « En Isaac tu auras une postérité appelée de ton nom c’est-à-dire que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité » Romains 9. Un type récite quelque chose dans une langue étrangère. Il le fait avec beaucoup de difficulté. J’ai de la misère avec la réalité comme si j’entendais ces ultra sons pour les chiens. Je me bats avec le pur. Je niaise devant des motoneiges déglinguées, équipées de téléviseurs. Elles étaient sur une remorque. Je suis passé dans une classe dire que j’avais pas le temps d’assister au cours après j’ai dit à un gars qu’il se marierait et fourrerait la même femme toute sa vie. Une fille m’a dit seulement si elle dit oui. Le pur veut donner sa démission de la vie laisser le train en route. I am calling you. Il se croit Louis quatorze veut qu’on assiste à son lever chaque matin. Y’a des tables de cuisine en bois le long d’un boulevard, je traîne un sac de tuiles en ciment. J’arrive à un endroit où ils font le terrassement des généraux disent on va chercher les bons et on fout le camp. Y’a des manifestations entre civils et militaires, un activiste mène le bal tout est dévasté y’a des vétérans en chaise roulante contre des punk, je défais un échafaud. L’activiste est un sportif qui pratique plusieurs sports bizarres. Une jolie fille vient s’étendre près de moi, un de ses amis nous surprend. Les couilles me chauffent. Un bateau désert au milieu de la mer quitté juste avant qu’on le découvre. Y’a des motards armés qui tentent de me faire trébucher avec un fil de nylon. On peut pas tout exprimer parfois ça reste là bloqué dans les entrailles on s’endort avec on a beau parler le mal fait son travail la part obscure des choses nous habite. Isaac s’agenouille devant le Saint Sacrement, habité par une plénitude que seul Dieu, disait il, pouvait lui donner. Il s’éloignait de ses amis « intellectuels » de Rivière-des-prairies. Certains disaient qu’il était exalté d’autres qu’il était dans un high, qu’il reviendrait bien vite à lui. Le pur m’a lâché, y’a cet Isaac qui est apparu. Les larmes montent aux yeux du pur se sent abandonné pourtant c’est lui qui quitte, sera remplacé par un être immolé dans la nuit des temps. Je me trouve fifi dans mon rapport avec cette histoire, ce sacrifié vous l’entendrez plus jamais, c’est vite dit ! La part de mal que j’ai en moi disparaîtra pas comme ça. Ce salaud d’Isaac veut pas vivre pas même en mots préfère l’immolation. Le pur a une édition de l’Ancien Testament une autre du Nouveau. Il erre il a tué un Dieu pour rester fidèle à un autre plus tangible plus comestible. Une substance qui le faisait s’évanouir dans l’incohérence. En fait c’était ça son dieu l’incohérence, à la différence des judaïques et de l’Ancienne Alliance. Son errance était celle du néant sans scrupule qui vous laisse tomber pendant l’éternité. Moi je m’accroche à un Dieu que j’ai façonné seul, un Dieu de jour frugal… Moi, le pur et Isaac on souffre ensemble. J’attends le métro quelque part en Europe avec un compagnon. Un type s’est invité. Une mère de famille, son mari, réparent des murs, une guitare douze cordes brisée je la cherche dans un studio où il y en a d’autres. Le pur se prenait pour Moschiach le messie des juifs, une publicité disait de l’accueillir avec gentillesse et bonté dans son âme. The rabbi said you are stupid. Tu parles d’Isaac fils d’Abraham. Tu connais rien t’es pas le messie, t’es qu’un pauvre goyim égaré. Reste avec tes sacrifiés. Orage tonnerre une fin du monde à l’échelle de la ville. Un éclair. Le pur toujours à sa longue agonie. Isaac râle sous la poigne de son père et prie son Père céleste. J’ai pogné le fix, je suis comme Abraham pour le pur. Je lui ai passé une corde autour du cou me tiens derrière lui près d’un trou d’homme ouvert me reste qu’à donner une poussée. Le pur ne rechigne pas « que ta volonté soit faite » pour en finir je lui mets mon pied au cul. Isaac soumis, le pur insoumis, je suis les deux, soumis aux règles de bienséance, insoumis devant l’autorité. Isaac entend son nom répété à l’infini. Y’é donc bête ! Faut le connaître kalisse ! Il faisait des pirouettes en rollerblade avec sur la tête un casque équipé d’écouteur et microphone. Isaac était en parfait contrôle de ses mouvements et branché sur ce qu’il croyait le monde au bord du lac saint François devant le monument au zouaves. Les cloches sonnaient, perdu dans la brume Isaac regardait les bateaux en cale sèche. Dans moi y’a un combat entre Isaac et le pur un parle d’âme l’autre de pensée. Tout ça c’est un pot pourri de malade ! Ou’s’que je suis rendu dans le show de la vie ? Un quidam, un anonyme qui se débat avec des concepts inutiles, absurdes. Le pur s’enferme dans la boucane, vite fait, bien fait, il aspire. Ce matin ses yeux brillaient d’une haine, paumé, fauché c’est un effondrement. Abraham promène Isaac dans une poussette, étrange dans ce quartier oublié où il est plus facile de trouver une seringue une vieille capote. Abraham sait qu’il se défera de son fil. Je suis moi, Isaac, le pur. Isaac est au dépanneur défait, les cheveux sales la gueule coupable. Le pur achète une caisse de bière, il est resté figé comme si son âme surprise par la glace de l’indifférence l’empêchait d’arriver au quai de L’espérance.

Le monument au métis Chénier pointe vers l’est. Un être divisé par ses racines amérindiennes et européennes, comme si les coupables étaient là l’autre bord de l’océan. Je viendrai jamais à bout d’Isaac ni du pur, trop coriaces, ils sont des pierres dans l’âme, des silex affûtés qui me découpent ce qu’il me reste de cœur. Va falloir que j’affronte la dualité faire le mort devant le mal, inconscient devant le bien. Isaac est plongé dans une profonde mélancolie. Le pur regarde la vie d’un autre œil. Faut rester dans les choses simples. Une prière. Je suis à bout, à bout de cette ville enneigée où j’aperçois des visages du passé. À bout de cette routine imposée par la vie. Dieu Y’est occupé ailleurs Y’attend Isaac. Pas de temps pour le pur qu’a pas une once de foi. Il se fait jouer dans la tête, tout part de Lui. « Un petit caca nerveux » c’est ce que j’écris. Tout ça c’est une barrique que je vide lentement. Isaac marche. Le pur c’est une vermine un minable qui se fait des illusions, incapable, il forge la réalité et ça donne de la merde toujours de la merde. Le pur veut battre Isaac avec son salami c’est pas permis. Isaac c’est mon complexe d’infériorité. J’étais au pied de montagnes avec Isaac et le pur. Eux ils avançaient vite dans les sentiers je criais de m’attendre. Le long du chemin y’avait des numéros en plomb. Le pur trouvait son sac à dos pesant je l’ai pris sur moi, nous étions au bord d’un escarpement en montant la vue était magnifique un immense lac avec des pics. J’ai vu le pur à l’église transportant bien haut le Nouveau Testament, l’Héritage, le grand héritage des siècles me fait si petit, une larme dans la mer. Une vie, une vie aujourd’hui tranquille sans vague à la surface mais dessous, dessous, y’a tout ce tiraillement ces élans de pitié de peine de passion. Le pur travaille à l’extinction de son âme à éteindre le feu qui lui fait mal. Isaac sort de l’école et se fait tabasser pour une histoire de taxage, c’est idiot. Un pâtre passe en habit fluo il garde le troupeau d’enfants, Isaac est caché au milieu. Laissé à lui-même il dévalise les maisons construites dans les sous bois. Un petit caïd toujours vêtu à la dernière mode traînant son téléphone cellulaire et sa petite amie juchée sur des souliers à semelles compensées. Isaac s’arrache au jour prend conscience de ce mal qui l’habite comme il habite le pur. Il sait, Isaac sait qu’il n’en a plus pour longtemps. Il parcourt la ville avec la voix de son père qui lui trotte dans la tête. Faut le suivre pour les derniers instants en attendant il admire la ville, les passants, les arbres nus, il a changé son trajet pour voir l’inconnu, le définitif l’attend. Isaac ose pas prier puisqu’IL sait et fera rien. Le pur se donne en « spectacle » c’est une « vedette » dans le sens péjoratif et désagréable. La dope ça sert juste à abattre les idéalistes comme le pur si ils n’en meurent pas ils se rangent et acceptent la domination des puissants. Le pur dit c’est de la foutaise tout ça d’esprit y’en a pas sauf les spiritueux, ça vous embaume le vivant comme rien d’autre. Grand Kalisse ! Va donc vendre ta peau, ta force de travail au lieu d’écrire des inepties. Isaac trouve tout pesant plus d’avenir, le poids du monde sur ses épaules des siècles qu’il ne mange plus ne dort plus tout est noir son père aussi. Just call me Abe I am no Lincoln or Tom I am just a nigger who loves God I’m gonna send Him my son. I love Him so. Le pur a reçu une photo de sa brosse à dent dans un rectum. Je survis, bâtard ! de bâtard ! Son of a bitch ! Le pur se fait trimballer en voiture par un homme qui paye tout en échange de sa compagnie. Abe a fait tous les vergers toutes les stations service. Abe qui donnera son fils parce qu’il le faut bien parce que Dieu ne répugne pas à la mort parce que de l’autre bord c’est l’éternité. Abe donne, donne pour échapper à sa condition. Il croyait en Martin Luther King « I have a dream » Abe n’a plus de rêve veut éviter ça à Isaac l’envoyer pour une longue consultation chez Dieu, semble qu’il y a beaucoup de monde assis à droite, le banc est long. Abe a que le sien pour attendre l’autobus de tous les matins. Abe lit son history of Africa. Pense à Halifax. Le pasteur a dit « l’enfer est le salaire de vos péchés » Abe va éviter ça a Isaac, jeune et pur peut aller qu’au ciel. Abe dans sa guérite au dépotoir regarde passer les camions, ça pue, si ils savaient comment la merde l’emmerde. Sur le mur y’a un calendrier crasseux avec la photo d’un rocher. Ça sent la charogne la pourriture. Un camionneur lui apporte une petite bière ça l’aide à supporter. Y’a une télé noir et blanc à l’image qui tourne. Abe l’a récupérée dans le dépotoir. Un preacher américain débite son sermon a coup d’Alleluia ! Abe pense au sacrifice le sang lavera les péchés. Bientôt le rocher ne sera plus désert cette nature pesante témoignera de la souffrance du père. Isaac s’achèvera dans le gris d’un ciel tourmenté. Le vent emmène les odeurs du dépotoir au nez du fils, Isaac marche rejoint son père. Abe a débarrassé le vieux pupitre déverni il laisse seulement la Bible. À soère on part ! Whe are going down home ! Isaac…

Mais qu’est ce que je fais là j’invente une histoire, le pur est pas content on invente pas faut être authentique, n’empêche j’ai quand même envie de me jeter du haut du pont Jacques Cartier. Les mouettes planent sur la dump. J’ai pas le goût de dormir, je pense à ma souffrance, à combien il faut d’humilité pour expier des péchés. Le pur est pas d’accord il dit que l’homme se forge qu’il est en prise sur son destin. C’est une longue lutte entre lui et moi j’abandonnerais bien mais en suis incapable « à vaincre sans adversité on triomphe sans gloire ». Je m’intéresse plus au cheminement. Le chemin, le chemin qui nous mène tous au rocher, où, après s’être débattus pour avoir et conquérir on arrive tout nus. Abe et Isaac sont silencieux ils écoutent I saw the light d’Hank Williams ils mangent du bitume l’autoroute s’étire avec ses fermes proprettes, la route est longue. Abe n’a pas dormi, il prie se rappelle des passages de la Bible. Isaac sait il est comme ces veaux qu’on amène à l’abattoir, essaie de penser à ce qu’il laisse derrière, sa copine, son posse. C’est pas un rêve il ne croit plus au dimanche. Abe pense à ce qu’il est devenu un bâtard qui vend son temps à la machine, but God… Dieu est grand, après il sera délivré, la rémission de ses péchés, le preacher l’a dit Dieu est immensément bon, je serai pardonné ça lavera mes plaies. Isaac regarde le paysage, les champs, les vaches, la route est toujours longue. Pourquoi il a fait ça, j’avais tout enterré, je voulais pas me souvenir, assis à coté de lui, mon père, ça me revient par flash, mais non j’ai oublié ça peut pas être ça j’ai toujours eu plein d’amour. La voiture dépasse les camions le rocher est encore loin. Le pur aime pas ça fait trop histoire tarabiscotée. Je fais ce que je peux. Isaac a de bizarres de petits tremblements c’est pas la peur c’est nerveux il frémit de la tête aux pieds comme si il recevait une décharge électrique. Encore une, le pur déteste, je veux bien plaire au pur mais qu’est ce que je fais ? Je me tais ? Le pur en a que pour les mots, les mots d’urgence de l’âme, le grand poète qu’est ce qu’il devient ? Un pauvre bâtard lui aussi. Ils savent pas ce que c’est qu’être noir. Non je sais pas, je peux juste imaginer qu’à force de se faire fermer les portes, de se faire dévisager, on aigrit on devient cynique on se tourne vers Dieu pour qu’il conjure la malédiction. Mais le matin dans le miroir on est encore noir. T’as beau dire je suis de la quatrième génération mais ici ça enlève pas la souillure de là le sacrifié pour laver cette saloperie congénitale. Abe tâte son couteau pour faire plaisir au pur il est trempé dans l’eau bénite. Le pur agite la main gauche comme une marionnette il dit « Y vont me garder le mois prochain ». Le vendredi Isaac joue au billard on est loin des vendredis maigres de Abe. Isaac a de l’appétit pour tout, la vie, les femmes, l’alcool, les voitures Dieu c’est de l’histoire ancienne d’autres souvenirs douloureux. Une confirmation retardée d’une année pour se retrouver au milieu de petits diables blancs qui attendent en ligne le soufflet mystique. J’ai pas les moyens de mes ambitions, le pur le dit, tasse toé de là ! Laisse ça aux gens qui savent y faire. Abe pense plus qu’à son rachat à sa faute inavouée inavouable. Y’a que du placotage à la radio. Abe a la tête qui tourne. Amazing grace, I once was lost but now I’m found. Isaac dort il rêve à demain down home, il sait le rocher, sent l’air marin. Abe va le déporter dans l’éternité. Le pur dit c’est pas ça tu mélanges tout, les juifs, les noirs, les homo, c’est une fausse histoire, t’en as pas marre des tarés, vas y, vas y, conte toi s en de belles à moi t’en passeras pas parce que je sais, je sais ce que tu es un pauvre type qui veut se débarrasser de moi, ta part immaculée, vierge. Justement cette part intouchée, blanche c’est le désespoir, le désespoir que j’affronte avec qui je dialogue que j’engueule pour qu’il me quitte. Femi Anikulapo Kuti : « la démocratie, telle que reconnue par l’O.N.U avec le principe d’un homme un vote, ne fonctionnera pas en Afrique » Abe voit le soleil se lever au bout de la route, toute la nuit ébloui par les phares il se sent pesant, sale, il a prié et prié, Isaac dort encore. Abe aperçoit la mer, la mer par où ses ancêtres sont venus. L’Afrique qu’est ce qu’ils seraient dans ce continent, morts au milieu d’un fléau, d’un carnage de je ne sais quoi qu’il est impossible au milieu des épinettes. « This land is my land » Pete Seegers. Downtown le pur respire cette odeur de levure, il pense à cette racaille endormie quand lui veille, veille a son plein de lui. Le pur se fait pogner le cul dans une disco du centre ville. Y’a rien là c’est bon pour le prolétariat. Y’a des odeurs de soupe sur le plateau dans une vitrine des rigolos ont écrit les gens méchants ne sont pas admis, pas beaucoup de monde là. En voyant le pur j’ai dit un autre crotté je suis pas comme lui, le crotté c’est mon frère jumeau. Il doit se défendre le pur pas se vendre Bob Marley disait « Stand up for your right » Isaac est à quelques kilomètres. Le pur m’observe écrivant, il veut tant de choses le pur perdu dans ses idéaux décapités. Abe récite un psaume de David : Ô Éternel ! Qui séjournera dans ta tente ? Qui demeurera sur ta montagne sainte ?

Nous entrons dans la chambre des morts, pas de télévision ni de radio, des murs blancs aveuglants, un silence à pleurer pour l’éternité, étendu nu sur une table Isaac a le teint bistre plus un souffle une plaie béante au côté il tient son cœur presque noir dans ses mains croisées. Le pur vole au-dessus de tout ça l’âme d’Isaac trône encore plus haut. Abe est poussé et repoussé par le ressac sur la falaise. Je ne dirai pas que tout est accompli, le pur, ce salaud m’habite encore. Il a vu l’immolation n’a rien fait s’est contenté de sourire en voyant le père et le fils marcher vers le rocher. Isaac n’a pas résisté il savait qu’il devait en être ainsi. Abe récitait des psaumes en criant. Le fils s’est allongé. Abe l’a embrassé d’une bouche brûlante de prière. Le vent est tombé. Abe a plongé le couteau dans le cœur d’Isaac, pas un cri, pas une plainte. Abe a coupé les artères et tendu le cœur vers le ciel en criant Dieu ! Dieu ! Ensuite il s’est jeté dans la mer. J’avais mis en l’éternel mon espérance.

C’est le combat avec le pur. Je suis en manche de chemise et tente de l’étreindre comme j’étreins le désespoir. Le pur dort en moi ça fait mal j’y vois toutes mes contradictions, ma maudite langue de bâtard, je ne veux que jouer à la vie. Le pur fait la guidoune pour emprunter vingt dollars c’est d’un dégueu à vomir. Un gars me dévisage avec un air d’enragé, un autre dit « aide le donc y’a pas de sécurité ». J’entends des cris venant d’un terrain vague entre deux immeubles. Je suis seul, seul avec le pur qui voyage dans ma tête. Hey le pur ! Tu va l’avoir dans le cul ! Les bearings ont pété ! Sur un poteau la photo d’un joueur de hockey assénant un coup de bâton. Vaginal croûton. Je vais mettre les gants de boxe pis… Tchek ! Le chien est rendu straight. Sur Ontario on prend tout ce qui grouille pour une pute, la fille fait un finger. Parc des Amériques ils tournent un film, moi, comme d’habitude j’ai l’air idiot du pur avec son carnet. Snack bar Pit Stop des milliards de milliards de mots se sont envolés, le vertige me prend devant la page, la tête me tourne, j’arrache des moulures en ai cassé une. Une jolie femme arrive. Une autre est sortie je l’engueule quelqu’un essaie de me calmer. Perdu le pur comme ça au détour d’une rue, je regardais dans les vitrines croyait le voir mais c’était pas lui juste un homme battu par la folie qui marchait au milieu des passants. Des visages, des visages, des rires des pleurs, des sourires, des grimaces, des couples dans le drame d’autres en amour des pas qui se font pesants à tourner en rond dans ce quartier. Allez ! Y’a rien à voir ! Que des vies occupées à magasiner des babioles dans le désert du week-end. L’image du pur est disparue sa pensée toujours dans ma tête. Si j’avais fait les choses autrement. J’y croyais moi aux lendemains qui gueulent, qui frappent réagissent à la misère au mal. Pourtant je me suis enfoncé, calé, coulé dans la terreur.

Lexique

bearings (péter les) : péter les plombs
chevaliers de Colomb : groupe d’hommes qui font de l’entraide pour leur paroisse
cennes : centième partie d’un dollar (anglais cent)
crotté : salaud, « pauvre type »
cruiser : draguer
dump : dépotoir
épivarder, s’ : se ridiculiser, faire le fou
fifi : homosexuel
gogauche : gauche
guidoune : prostituée
high : période faste
job, la : job (féminin au Québec)
Johnson, Robert : bluesman noir américain
kalisse : juron
lunch sur le bras (un) : un lunch offert
nerd : studieux, « intello »
placotage : bavardage
pogner : prendre, attraper
pogner le fix : regarder fixement dans le vague
posse (son) : sa bande
pousseux de crayon : écrivain
puncher : timbrer
ride : tour
Saint-Joseph, oratoire de : église catholique sur le Mont-Royal à Montréal
siler : bourdonner
soère : soir
straight : rangé, dans le droit chemin
tata : niais
taxage : racket
tchek ! : regarde !
zigner, se : se masturber

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