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Foyer à ciel ouvert de littérature contemporaine européenne

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La Peur Fenêtre

Stephane Ilinski

novembre 2000

14

Malice au pays des gaufres et perlimpinpin sauce cloche ou gras rouge : vrai de vrai on s’réveille encore au milieu de la bicoque nez dans la poussière. Fernande on l’a laissée en sublime posture sans même avoir le temps de répondre à son interrogative alors que la conclusion pointait et que les babines de la belle n’étaient plus qu’à deux mots de distance et qu’il suffisait pour les cueillir d’une juste salve de compliments bien sentis. Foire ! au lieu de saisir la nymphe moralisatrice entre les dents ben on s’réveille reconduits à la case départ tout terreux avec un furieux hématome cabossant la nuque. L’œil s’allume tout amer de la disparition enchantée de cul Chanel et surprise surprise ne rencontre aucune consœur pupille alentour : juste poussière intérieure table de jardin jonchée de bouteilles chaises comptoir encombré de bocaux à friandises et dessus lequel un rideau de fer est tombé. Pas de vieux pas de vieille ! Rien que l’ombre valsante remuée l’ampoule nue qui éclaire la cabane : courants d’air.

Doliprane ou pas y doit être tard et l’heure de l’apéro largement passée. N’empêche on voudrait bien connaître la suite et entendre Fernande prêcher quitte à se reprendre un coup de canne… Lentement on se lève en massant la nuque bossue et on se dirige vers la table à laquelle on finit par se poser. Coup d’œil vers la porte : pas de vendeuse de gaufres et la serrure semble déverrouillée. On va pouvoir mettre les voiles après récupération… s’agit de profiter de l’absence des vieux déglingués ! Puis comme on retrouve cent balles dans le veston ben on s’dit qu’y aura même pas à rentrer à pinces et qu’on peut bien s’faire une faveur taxi pour le prix des aventures du jour. Si c’est pas cochon de boire jusqu’à trou noir en plein après-midi ! Pfff… séchés les rendez-vous à l’embauche… puis un rien plus bousillé le foie puis correctement mis à l’ouest le crâne avec lequel on est supposés faire carrière ! La gent médicale ben tout compte fait a très peu tort de recommander ses séjours au vert et à sec… faudrait qu’on se renseigne et dès demain ! Devant le tas de cadavres de 51 Ricard on manque une sacrée nausée et l’œil chope une drôle de vapeur pas piquée des vers : quand même on a touché de sacrés fonds et pas marins pour un sou ! Peut-être sous l’emprise du parfum très marseillais que dégagent les gisants goulots on s’met à épiloguer dessous l’ampoule :

— Tremens… ouaip pas vu venir celui-là ! Où donc et comment on paume la santé des heures ? Du joli en vrai avec un quatuor de delirium venant tout poivre lier une sacrée sauce ! Tiens Aladin ’vec sa loupiotte à la gomme ben ça le calmerait d’voir comment on sort un vieux une potiche et une tripotée de branques de quelques litrons d’anisette ! Et c’est pas tout parce que la bande géniale ben elle sert de fumeux conseils et de puissantes histoires… Putain un tremens ! la gloire manquait au palmarès. Au troquet ça va jaser si les zozos ont vent de l’affaire et la tenancière ben risque fort de ralentir sur les promos du patron et d’pas continuer à aligner les mousses matinales sans broncher… Delirium tremens ! et en gentille compagnie ! Ah pour ça c’est mieux que les dessins animés du mercredi ! plus interactif… plus pédagogique… tiens on en apprend des mûres sur c’qu’on doit faire ou pas… instructif le comas ! Puis quelques notions d’rééducation sexuelle mon vieux tu peux t’lever de bonne heure pour pareille inspiration. Les cathédrales à côté bah ça fait vieille méthode ! Enfin bon… tremens ou pas c’est vrai qu’on aurait bien fricoté ’vec la fine Fernande…

Dans le parc solitaire et glacé on s’trouve tout choses devant la cabane où il est inscrit : « Chez Fernande — Gaufres à l’ancienne ». Sur une ardoise qui vole au vent un avertissement poliment énoncé : « Nous informons notre aimable clientèle qu’en raison de la proximité des écoles et des bacs à sable la maison ne sert pas de boissons alcoolisées ». Il fait noir et les buissons jouxtant la bicoque attirent déjà leurs lots de noctambules peu recommandables : mêmes silhouettes que de jour avec des imperméables plus longs et aussi plus volages. N’étant pas enclins à la mate ni au touche-touche bucolique on hausse l’épaule et levant le menton on trace.

Jamais avant dix-huit heures ! Quitté le parc aux étranges et douteuses merveilles on se colle dans un taxi et pour un peu moins de dix sacs les rues défilent comme au ciné jusqu’au bercail. Entre deux lampadaires et trois feux avec le tact digne d’un haut spécialiste annonçant une nouvelle grave à son patient on s’remet à songer blouses blanches. Le chauffeur devant divague tenant coûte que coûte à cracher quelque propos flasque et débile ayant trait à la sécurité de l’honnête citoyen en cette basse époque. Il tourne plus rayé qu’un vinyle plus tristounet que son méchant compteur — … comprenez jeune homme qu’aux temps de ma première course ben les églises restaient ouvertes la nuit… que les clients z’étaient tout frottés de courtoisie et qu’y savaient encore vivre… tenez on pouvait traverser tranquille la capitale à pinces après minuit ’vec une mignonne dessous l’coude sans voir débouler la racaille… les flics veillaient au grain et la guillotine finissait de décider qui était pas d’accord… tsss… Derrière le facétieux fond musical auquel on répond à intervalles réguliers par un ouioui de circonstance on bloque sur la question médicale.

Besoin d’air besoin d’un clope ça dérange pas si on baisse la vitre non vraiment ? — Z’êtes déjà aimable de d’mander jeune homme… des polis comme vous ça s’croise plus tant… pis’ merde un brin d’nicotine une belle brune bien grasse ça vous r’met un bonhomme d’aplomb… un ballon par-dessus et j’vous garantie qu’les fruits sont mieux conservés qu’chez ces guignols qui foutent leur blé en l’air dans des salles de sport… bah c’est l’Amérique l’origine du merdier jeune homme d’mandez donc à vos vieux si c’est pas l’oncle Sam qui nous ratisse la belle Europe ’vec ses conneries puritano-super-saines… tenez les clients qui gueulent à la seule vue d’un briquet et toussent même devant un cendrier vide… ah bordel ça s’insurge à l’idée d’un bon rouge bien pleureur dès qu’il est question d’un bœuf en sauce ça menace à coups de cholestérol et ça oublie croyez-moi de causer des saloperies dont use l’actuelle marmaille : ecsta-machins… de l’acide y parait qu’y s’injectent maintenant les gamins ! et crac y s’prenent pour des moineaux et vont tester l’affaire en se jetant des toits d’immeubles ! ouais jeune homme j’lis les canards moi ! les drogues génétiques et la bouffe de synthèse la légalisation des chantres indiens et la dépénalisation des sans papiers clandestins… tout ce bordel ben c’est l’Amérique ouais… le nouveau monde qui déteint par chez nous… alors songez si par ici on peut s’en griller une… parce que c’est vrai quoi ici c’est chez moi et c’est moi qui décide nan ? le client roi moi j’ai rien contre m’enfin j’suis démocrate alors qui est pas d’accord v’ec ça ben j’y ouvre la portière et l’a plus qu’à aller user l’asphalte… tenez j’vous accompagne pour la peine : zou une brave gauldo histoire d’engraisser la SEITA !

Grands boulevards alors qu’on en est arrivés au choix déterminant du spécialiste à consulter prochainement la puanteur du brun tabac du chauffeur arrive gâcher la sèche qu’on grille. Dehors épars les fêteurs attardés dans la nuit hèlent la bagnole à son passage probablement trop imbibés pour capter que l’enseigne sur le toit éteinte signifie que le taxi est déjà plein. Quelques amazones culs sur capots et sacs voltigeurs traquent la grosse cylindrée intérieur cuir à conducteur pleurnichard. Toxicologue ou psy ? Feu rouge dans une contre-allée sous un gyrophare quatre gamins hagards présentent leurs papiers à une patrouille de bleus pleins de moustaches. Sûr que le vioc suspendu à sa caporal encourage derrière son volant : on le sent qui caresse et applaudit la scène en silence et ses grasses vertèbres tressaillent de plaisir dans le siège… Il aurait aussi bien fait un huissier d’exception un maton au poil ou un sergent para destiné aux médailles s’il était pas taxi… s’il était pas aussi mou du bocal probablement aussi réservé à l’action parce que côté grande gueule et déplorables arguments ben il en laisserait plus d’un dans le fossé ! Ca repart. Le compteur prend lui pas de pause : on banque en roue libre. Foutu tremens ! maudits rencards séchés ! Grands boulevards. Belles façades à balcons ministériels digicodes à visioconférences… hé pour converser chaque matin avec la concierge ! Les lustres défilent dans leurs écrins plus somptueux les uns que les autres on attrape parfois un miroir une toile le haut d’un crâne en calvitie avancée et grisonnante aussi de vaches silhouettes blondes qui doivent pas s’allonger à l’œil… beaux quartiers… belles fenêtres… Psy ou acuponcteur ? Sûr que cette nuit pour pioncer bah va falloir un gros mais très gros œuvre ! les cathédrales c’est juste bon pour la roupille sans stress ça assomme l’insomnie mièvre mais pas les grands malades… Avant de casquer cent balles au chauffeur on décide pour le lendemain : pharmacien pour voir.



*



Derrière l’office ça gangrène. Rédige pas qui s’improvise. Petit matin sans histoires qui débute par les trois cafés qu’on s’enchaîne en matant depuis la rambarde l’autre côté de la rue l’angle dans lequel le troquet est incrusté mieux que brillant dans l’alliance. Foutoir en fumées en causeries niaises de qui sait pas ce qu’y se passe autour et s’en plaint pourtant et de bonne heure après quelques franches rasades… qu’on se dit tout bas. De là où on est en vrais sages ben on risque pas d’se tromper dans le breuvage et de commencer trop tôt en troquant la tasse pour le verre ou la chope ! Dans la rue ça cavale bon train pour être partout à l’heure et les usines et les bureaux décomptent les moutons après les avoir sautés. Les fenêtres s’allument s’ouvrent : on aère avant de quitter le cocon familial pour une journée ailleurs ou on aère le lieu de labeur avant de s’y boucler douze heures. Les grands-mères tirent la langue en secouant leurs tapis dessus qui casque pour la retraite et inondent avec les jardinières des pans entiers de trottoirs qui selon l’étage de la provenance sourient ou jurent bruyamment. Pas de quoi s’en faire a priori : de l’embauche y’en avait hier y’en aura ce jourd’hui ! N’empêche qu’il faut prendre en compte les priorités que c’est d’abord de médecine dont il doit être question.

Tremblotants et noirs de caféine en se remettant avec précision les épisodes de la veille on sort en vue d’atterrir chez l’apothicaire. Passant devant le troquet on est un rien tentés par les appels de la tenancière qui gesticule pouce sorti et poignet cassé derrière son zinc. Mais l’électricité des qawahs absorbés est plus forte et on se traîne les semelles jusqu’à la ruelle voisine un sourire tendu en coin comme pour afficher quelle bravoure est en marche et comment on compte bien s’en sortir. Mais parvenir jusqu’en territoire pharmaceutique n’est pas chose simple. Les bouilles qu’on croise on s’en passerait volontiers toutes fades transpirant malgré la fraîcheur ambiante la terreur d’une occupation qu’elles pourraient ne pas trouver… en tous sens ça se presse ça se consume ça accélère ça fronce le sourcil si bas qu’un bout de langue suffirait à démaquiller… rien à faire on a beau vouloir tomber sur un brin de chair quiète sur un début de sourire sur des lèvres siffleuses ben nan : grigris bovinement joviaux les citoyens s’en vont en guerre !

Dans la cohorte grésillante des piétons on trouve bien de ci de là quelques jolis spécimens de l’espèce féminine méritant l’attention mais le cœur n’ y est pas. Faut se soigner et vite ! appliquer le dogme reçu quand même on se tapait un tremens… ne pas y mettre le cœur ça nan au moins jusqu’à la pharmacie. Prendre tout ce qui suce les sens au pied de la lettre : des paires de seins oui ! mais destinées à tomber… des lèvres pulpeuses soit ! mais qui frisent et rident avec l’âge… des formes plastiques hum ! mais lipo-sucées jusqu’à l’os… un cul qui roule zou ! et qui fait paumer la raison et oublier pourquoi on existe… Les donzelles qu’on croise quand elles valent le détour ben on s’arrange grâce à une singulier exercice d’auto-conviction pour ne pas les considérer. Elles passent et meurent dans un même temps : ouvrières bien galbées serveuses affriolantes bombes secrétaires cadres sup’ à dénoyauter les mirettes… toutes passantes fuyant vers le glin-glin quotidien sans saveur… toutes à fuir à ne donc pas gratifier d’une seule œillade ni même d’un geste de travers. Des obstacles qu’elles sont les belles. Des barrières prohibant l’accès à la réussite authentique. Des succubes en vrai ! Aïe aïe… presser le pas et serrer les œillères… on est plus loin.

Déjà on voit plus que des formes et encore qui n’ont rien d’érotique. Juste un paquet de très floues silhouettes parmi lesquelles on se fraie une route vers la guérison. Les formes peuvent vaquer à leur guise bouffer les planches qui les asservissent déifier les usines qui les enchaînent. Elles peuvent toutes autant qu’on en croise se croire pressées occupées importantes importées pourvues de raison et capables de se voir un instant… même dans un miroir ! qu’elles aillent en ombres ! qu’elles aillent… On garde leçon du tremens et rédige après tout pas qui seul veut. Informer qu’on voulait ouvrir l’œil pour l’autre puis lui dire expliquer sauver guérir… guérir… badaboum ! L’épine dorsale du problème hé c’est pas question de poste à pourvoir ni de rédaction. Nan c’est l’insatiable attrait de très sottes visions perturbatrices où l’on voit d’un coup tout alentour en grand et qui scintille. De l’or en barre à chaque carrefour des potiches fin prêtes à bousiller l’âme de leurs mamans pour juste plaire à qui dirige… un trône qu’on voit pour régner au jour le jour sur la réalité des choses et pas un mince pas un commun ! Aïe… guérir ouais garder l’objet de la promenade en tête. Pas s’éparpiller en chemin pas retomber dans le délire. Haut le menton sélective la vue libre l’opinion vaille que vaille ! guérir et parvenir peu avant dessous l’enseigne verte qui clignote à deux pas d’ici…

— PHA-RMA-CIE ! on glapit au seuil du portillon automatique et en verre. Ding dong. Les lieux sont presque vides. Seule une vieille femme chancelle au milieu de la boutique. Elle marmonne de façon parfaitement inintelligible une sorte d’au revoir à la blouse blanche planquée derrière son comptoir et on manque de la percuter de plein fouet alors qu’elle déboule vers le portillon. Ding dong encore et la voilà dehors. Guérir et de suite ! En fouillant les poches à la recherche de quelques kopecks on s’avance le regard bas et l’ouïe disposée à recevoir la sentence ou plutôt le diagnostique…

— Suave… Bonjour… Que puis-je pour votre service jeune homme ? suave…

Dès les premières notes de cette dangereuse musique qui vient sans prévenir chatouiller les nerfs on sent la tignasse et les zones pileuses se hérisser la gorge fondre en entonnoir les aisselles commencer de chialer et la cervelle se remplir d’éclairs. Suffocation magnifique ! feu d’artifice intérieur ! Un instant ultime on tente de rejoindre le dogme et levant l’œil avec une extrême langueur en direction du comptoir on en appelle à l’imagination salvatrice : une binoclarde à crinière rase haute comme trois pommes et balancée comme un flacon de sirop contre la toux ouais ! qu’on pense. Et toujours levant la paupière avec d’infimes précautions on y croit avec les forces qui restent. Seulement quand l’œil arrive un tantinet plus haut que l’horizontal la pupille se dilate comme une assiette et vrai de vrai c’est le coup de grâce avec en prime la guérison assurée ! La pharmacienne faut croire que c’en est une ben elle aurait tout aussi bien pu sortir d’un gâteau comme dans un film ou encore présenter sans avoir à en rougir de coquins programmes télévisés… Une blouse à bombe blanche ou l’inverse. Une beauté de quoi choper la rougeole la varicelle avec les oreillons dans un même temps bref de quoi faire accepter à quiconque du sexe masculin de se faire charcuter séance tenante et sans anesthésie contre le plus désuet baiser.

Voilà ce qui vient pour guérir ! On titube sous le choc on a l’œil en marmelade et c’est la fin nette des croyances et des espoirs les plus vifs : la violente pharmacienne bat une fois des cils et ça suffit à redresser le pauvre tableau qu’on est. Et quand elle demande si y’a quelque chose qui tourne pas rond et si on a besoin d’une aide quelconque ben on trouve juste l’énergie nécessaire pour secouer le crâne en infirmant. Puis sans savoir comment on parvient à trouver un fond de salive pour quémander un paquet de Doliprane que la furie blonde s’empresse de déposer sur le comptoir. Suave même sa main l’est ! en plus d’être légère presque dansante avec des ongles rouges et longs comme les dents d’un fauve après déjeuner… On s’dit qu’y faudra revenir pour demander l’adresse d’un médecin dans le coin ou pour une crève ou pour des patchs si on laisse le tabac… c’est une idée…

Sortie en marche arrière sous le regard amusé et fort joueur à ce qu’on trouve de m’zelle blouse blanche. V’là pour les comptes d’apothicaires et comment on s’fait une solide et fidèle clientèle dans un sens. Tournant les talons et détalant ventre à terre hors de vue de la donzelle c’est à dire là où la vitrine de la pharmacie s’arrête on se met à l’abri pour finir en paix de dissiper la rougeur qui picote les joues.

Note

« Dans le vieux parc », etc. : Colloque sentimental, Paul Verlaine in Fêtes galantes

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Petit roman moderne fortement ouvragé racontant le difficile et quelque peu inextricable cheminement d’un jeune homme qui aspire à devenir Rédacteur, quelque part derrière un beau et honnête bureau. Le style est énergique, argotique, recherché ; les phrases, de taille variable mais pauvres en virgules, tendues comme des ressorts. Drôle, difficile, flamboyant, sans pareil.

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