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Politically correct

Bernard Saulnier

avril 2001

Le matin ça fait moins mal comme si le réveil gardait la conscience endormie. J’écoute, j’écoute encore c’est fou ce qu’ils veulent m’en faire apprendre. Je retourne dans le silence. Je sens ça monter cet inconfort, je suis pris au piège. La dérive en faisant du sur place si je regarde au fond y’a rien, c’est tout épidermique, la sensation de chaleur le contraste avec l’extérieur mais dans mon âme dans mon esprit, ce refus, ce refus que je dois payer encore dans le pétrin. Un petit salaud de destin un destin du quotidien morne voilà ! Voilà avec quoi je me lève et qui je regarde avant de me raser. Immense ou bas, petit vil, ce que je lis me laisse froid… Encore ! Encore ! Rien ça cogite avec le poids des heures. Seul ! Toujours seul, y’a des choses qui se font seul, en tête a tête avec soi même. Je m’écoute respirer, j’écoute l’air sortir de tous les orifices. Je me promène comme un veau je monte, pour redescendre aussitôt. Je, suis toujours pris avec, ça part pas. Un problème, je peux plus fuir faut que je reste là avec moi, avec mon ego, avec mon âme avec ce petit paquet gris rose qui bouillonne à pas grand-chose. J’attends que ça passe, ça passe pas, dans l’escalier roulant j’imagine pomper le cul de la fille en avant. Tout ce qui fait que je déteste les gays est ce qui fait que je me déteste, le talent en moins. Mais oui ! Mais oui ! J’ai des fantasmes homo je veux que ça reste de l’ordre du fantasme. How about a good fuck with the machine ? Ça tourne autour d’un chèque, la misère postée. Quand on voit ça, on sent ça, ce malaise, cette angoisse maladive, les lèvres qui tremblent, les pieds qui traînent. La spiritualité ! La spiritualité ! Pourquoi la foi ? De toute façon je fréquente le néant tous les jours c’est un ami connu. J’essaie de me faire une amie de la spiritualité je suis avec elle comme avec les femmes je lui parle mais elle est pas comme je la veux donc je la quitte et je reviens elle m’accueille toujours pareille mais jamais la même. Évoquer les replis de mon âme c’est pas facile parfois j’en veux au monde entier pour les atrocités intimes ou universelles. Je les ai en moi elles me parlent comme à un salaud à un être abject, un lâche qui prend pas ses responsabilités. Ils ont raison faut creuser sa tombe pas en grattant des doigts mais à grand coup de pelle, s’enterrer soi même. Pas un instant ma tête connaît le silence pas un moment où je peux dire j’arrête, ça donne rien de vouloir être ailleurs. Je reculerai pas de onze ans… Le ciel est mauve, stupide, je suis stupide, stupidus, la part du mal. Je trouve pas ce que j’ai fait de mal ça me fait mal, stupidus, ta yeule le cave !

Ce matin j’ai la tête vide c’est le moment que je préfère. J’ai dormi, bien dormi, j’en remercie Dieu. Je me lève l’âme allègre. La première heure ça va après ça se gâte, elles s’étirent pour faire deux dans une. Je manque de souffle obsédé par le facteur. On inspecte le porc dans les ports. J’attends de l’argent par la poste comme si ça changeait le cours de ma journée comme si le courrier amenait une preuve d’existence. C’est une façon de tuer l’angoisse plus présente maintenant que la journée avance. À quoi ça sert l’espoir ? À donner un petit sursaut au cas où ? J’en fais trop j’ai des flashback on se répète dans une vie, dans un an. Après sept ans dans le même appartement j’ai toujours des problèmes d’environnement des problèmes affectifs je veux me lancer dehors et crier aimez-moi dans n’importe quel bistro, brasserie, café, taverne mais la vie c’est pas comme ça on sait pas qui aime qui aime pas. Hé ! Qu’on se la fouille l’âme qu’on se la triture. J’ai rien de plus silencieux qu’écrire cette peur de mourir et cette envie d’en finir. Je suis tari, dehors il fait beau, je me cache pour lire. Le concierge turlute ça m’exaspère dans le métro un gars se fait réveiller il dort assis par terre il se relève pour s’écrouler devant les marches, gelé, trop engourdi pour tenir debout. Je passe devant les saunas on offre le buffet gratuit, dégueulasse, l’autre invite les cuir. Je fréquente pas ce genre d’endroit c’est pas mes habitudes. À quoi ça sert les images, les images écœurantes où on voit que l’espace entre les mots je suis vide de vie vers quoi je peux aller pour vivre mieux sortir de ma prison cérébrale sortir de cette angoisse ridicule je crèverai bien assez tôt en ayant vu que la télé que les écrans et les clochers de Montréal. Je les entends plus elles sont parties pour Rome. Montréal ma belle ça fait longtemps qu’on est accoté, je t’ai trompé Montréal, pas bien loin, une couple de kilomètres mais là Montréal tu me tiens à gorge. Tu m’attaches sur tes trottoirs tu m’enfermes dans ta maison Montréal tes monuments tes quoi encore ma chienne de ville qui m’écrases me retiens avec la chaîne de l’hôpital. J’ai confondu une canne d’aveugle avec une machette, le rouge le sang. Mallarmé disait que nous sommes tous des ratés c’est toujours vrai y’en a pas de poète juste des exaltés qui veulent découronner le Christ s’enfoncer la couronne d’épine autour du pénis. Je cherche ostie ! Je sais pas quoi ! Je suis inverti tout retour… C’est ça y’a pas de retour… Pourquoi j’ai si chaud une chaleur qui m’enveloppe. Y’a pas de négoce à faire avec Dieu. Je viens, téter, c’est ce qui revient, en voilà une autre, revient comme si c’était toujours le grand orgasme une tétine dans la bouche tout ça et il y a tant de choses à faire de mal à maudire de traîtres à trahir. Je me sens orphelin, un orphelin qui quitte un mauvais foyer pour un autre plus joyeux plus équilibré, un orphelin qui voit la liberté s’approcher mêlant la joie et la crainte. Je rencontre le psy je sors de là en beau maudit. Ma vie est un échec, j’essaie de me remonter de me dire que j’ai des valeurs tout ça sonne faux c’est la part de mal en moi, le bien serait d’atteindre l’humilité. Je suis pas indispensable au monde il peut rouler sans moi je suis déjà à l’écart un peu par choix un peu par principe. J’ai de la difficulté à tolérer mon genre le genre humain. J’en ai assez de jouer aux cartes avec la voisine. J’ai jamais pensé à me marier une famille c’est pas dans mes cordes. Fini le rêve fini le surnaturel j’attends que la vie passe comme une maladie, l’espoir, je t’en fais de l’espoir à coup de bon Dieu.

J’ai jamais eu de courage avec ma grande gueule. J’aime beaucoup chialer. Si le courage c’est de répéter les mêmes gestes jours après jours, dire les mêmes choses, je suis lâche, la routine me fait peur, ça me tue. Un soir je suçais et plaçais ma main sur un sexe. Je me prostituais pour vingt-cinq dollars les fins de mois. Je sais pas… Lui ai rendu service une fois. Y’a plus d’amitié à mon âge on mange dans un restaurant indien achète des onguents dans une boutique asiatique. Je sens qu’il veut m’enculer. Je marche avec lui jusqu’au bed and breakfast. Il veut que je rembourse en nature je suis pas monté je l’ai jamais revu. Je me tape un film porno l’image fige sur un couple qui baise. C’est idiot mais idiot. Je suis pas foutu de faire une métaphore qui ait de l’allure. À force d’accepter ce qui m’entoure ma révolte est morte. Je suis rancunier. Je prends ce qui m’appartient mais les chiens mordent tout ce que je donne, sourire, paroles, la haine les habite. Je veux me péter la caboche sur un mur de ciment. Quand ils se font aller la gueule ça me donne des envies de meurtre de clore leur foutue trappe. Pourquoi observer les gueurlots dans la course pour le hall of fame. L’humilité pas facile pour un narcissique ça me donne mal au cœur. Y’a toujours des grues qui font fonctionner la machine elles ont pas le courage d’être putes elles s’accommodent des patrons qui pincent les fesses. Faut ce qui faut on a du monde à faire vivre. Je suis fif j’ai pas de colonne y’a des homos qui en ont une. Cette cochonnerie d’émotion qui me donne mal au ventre une espèce de trac pourtant je donne pas de show, je joue pas, je veux ressentir de la haine pour la mort qui souffle dans le cou de tout un chacun. Ça rend moins idiot savoir qu’on y passera tous à la casserole. On est pas si pressé d’y aller.

Je regarde le « couronnement » de Landry premier quand je vois leurs gueules pleines de beau discours ça me donne envie d’être fasciste leurs douilles de bons bourgeois militants. Je me demande si c’est l’envie ou le dédain. Son discours se termine sur faire un monde meilleur. De grandes ambitions de beaux idéaux. J’ai encore à l’esprit travail honorable et je pense à ceux qui ont rigolé sans raison sur certains passages du discours. Je veux bien moi un monde meilleur, ça commence par moi, mes défauts, mes qualités. Je sens le barbare pas loin dans les réunions politiques, on me convainc de rien, le rêve il est parti, quand il était temps on l’a raté. Le cerveau c’est comme un muscle faut le faire travailler. Je suis pas pamphlétaire. Je connais pas la politique bien que tout soit politique. Je suis entre ce qui est presque un épouillage, un fouillage dans le nez sans kleenex, les ennuis qu’on aura toujours, je vire pas optimiste crasse quand même… Je lis, je lis je me rends fou mais pas dément. C’est fou ce que ça fait des mains sans s’en apercevoir on déballe un emballage, on se torche, le corps ça s’utilise bien quand y’a pas de morceaux qui manquent. Faut y penser à être debout…

Y’a ceux qui détruisent le monde parce que trahis par des promesses pas tenues des espoirs déçus. Ils y croyaient aux utopies mais ça ne veut plus ça ne veut plus croire… Ils sont la part du mauvais en nous sollicitent l’attention une attention gratuite le système ils n’y croient plus quoi faire d’autre que de mettre du sable dans l’engrenage. L’ennemi est si fin qu’il fourgue la dope pour presque rien. Il lave de tout, saigne à rendre malade, des vies qui peuvent plus s’accrocher à rien, moins que rien, tu rêves de puissance et de confort. Payer un loyer ça fait de moi un vendu me faire aider par un psy aussi, le chauffage l’eau chaude enfin quoi tout ce qu’il faut pour vivre comme un honnête citoyen. L’action terroriste socialement acceptable s’oppose, moi je m’oppose à ce que des cons sous couvert d’art me servent la soupe. Les braseros flambent y’a pas une dizaine de personnes of course je suis un chien vendu à la machine. J’ai cru apercevoir mon psy à la télé dans un congrès du parti québécois.

Un jeune noir étudie l’économie très bien pour lui mais les valeurs, au coin d’une rue je cherche toujours la surprise des fleurs renversées dans une vitrine mon reflet bouleversé sur la Catherine. Je les écoute, les vrais, ceux qui ont une voix, je suis dans le vide me laisse prendre par le vertige, le vertige de l’absence. Ça se recommence pas une vie faut pas regarder en arrière même effrayé par ce qu’il y a devant. La souffrance, la souffrance, je suis muet incapable… Cette maudite envie d’apparaître là dans la fenêtre de tout le monde. J’ai pas la force de ces êtres. Je vais me travestir pour descendre les grands escaliers inventés du music hall y’a longtemps que je les descends j’arrive jamais en bas down, down, l’envie, la jalousie, l’impression que ces êtres dans la lucarne sur le bureau sont plus valeureux que moi. Les miteux ça reste dans le coin de la cave à surveiller les rats ça veut pas se faire mordre. J’ai plus le goût de la musique plus envie de regarder la boîte à grimaces. Saint Landry protégez-moi avec votre monde meilleur, ils veulent tous du flouze du pèze, de la reconnaissance, moi, je veux disparaître saint Landry me faire oublier du pays qui n’a jamais existé. Je veux me faire péter la fiole saint Landry ! Me faire péter la fiole en criant. Me faire sauter ce qui me reste de raison saint Landry, ils ont ri là où il fallait pas sont sur le gros nerf saint Landry. Dite saint Landry combien je pèse dans le déficit zéro je suis moins que rien. Je suis halluciné je vois des fins du monde l’apocalypse, l’ange exterminateur je veux pas y passer dans le hachoir dans le malaxeur. Maudit verra ! Maudit verra ! Je me ferme, bâtis une cloison entre moi et tout ce qui est le long du mur le téléphone, l’ordi, la télé, le câble, la chaîne stéréo. Tout ça c’est du rêve du show bizness, y’a que les livres dans la bibliothèque. Dieu aide-moi ! Aide-moi à sortir de ces mots, de ces images qui me travaillent me touchent au cœur, à l’âme, je ne donne pas de représentation.

Ça été long avant que je dépose mon stock que je défasse mes valises et m’installe… J’ai des goûts d’espace de liberté absolue ça n’existe pas. Saint Landry a pas idée ce que les gens sont dégueulasses ont tous leurs petites solutions à tout… Le monde c’est le monde tous les matins horreurs après horreurs on prend son petit café peinard on fait des mots en écoutant la description des tortures. C’est pas nous mais pourquoi on laisse faire les atrocités. Je sais pas, je sais pas, à mon niveau s’agit que je sois meilleur faut que j’écoute que j’écoute la longue plainte du monde qui agonise. Je regarde les journées s’enfuir. La voisine dit « les gens » comme si elle était pas de la même race qu’eux de la même classe c’est une « à part ». Je dois prendre un grand respir avant de parler ça ne va pas de soi plus facile de rester silencieux. Je m’y mets dénigre comme la plus belle des salopes. Je rabaisse l’espoir des gens me les mets au cul leurs espérances pourtant pourtant tout le monde y a droit à cette parcelle, ce point lumineux dans le néant. Quand on est heureux ça se dit, à part les pipes ratées.

Je me répète je suis vide j’entends de grands cris comme si j’étais sur la mer des hurlements qui se perdent. Va falloir que je fouille ailleurs que dans mon âme, une espèce de paix d’esprit m’habite. Faut pas que je parte en peur la souffrance reviendra bientôt au moment où je m’y attends le moins. Dors en paix mon cochon ! On te surveille. Je vois des terroristes arabes partout. Dors en paix mon crétin raciste on va te le faire sauter ton beau petit pays de merde. Saint Landry priez pour moi.

Saint Landry s’est fait passer à la moulinette je suis le seul qui ait pas vu ça. Je suis aller chier, dans les recoins, dans les recoins de l’âme c’est pas si propre que ça, ça vous a des envies de pouvoir et d’argent des envies de luxure. Y’a toutes sortes d’odeurs, houblon, tabac, huile à friture, pneus qui brûlent. Baise moé le cul ! Baise moé le cul ! Me réveille avec des envies d’injures à saint Landry. Y’a pas que saint Landry y’a le sens qu’ils donnent pas on en a besoin de sens… Je suis pas certain, les choses insensées sont parfois plus belles plus douces, se faire baiser le cul ça se dit comme ça s’agit pas d’embrasser l’anus mais d’y foutre ce qui vous tombe sous la main, un manche à balai, un pénis, une chandelle, un godemiché la panoplie est grande. J’y tiens pas tellement juste que ça m’obsède ça me fait peur. Ça place mes états d’âme à un autre niveau. Je brille comme une pierre sous la vase un plein de marde. Le gros cogne à ma porte pour m’inviter à manger de la saucisse les culottes baissées devant un film porno c’est dégueu, c’est dégueu mais ça m’excite. Ça me dégoûte mais je regarde quand même. Saint Landry quelles sont vos politiques pour les voyeurs pornophiles. J’ai de la répulsion pour le sexe, la sexualité, les odeurs de replis de peau, les coins pas permis ça m’enivre pas ça m’écœure ça m’empêche pas de regarder à la télé.

Y’en a pour qui Dieu c’est pas une bonne idée si Dieu en est une. J’ai pas à me voir comme un déchet je suis qu’un être humain imparfait, une accumulation d’expériences malheureuses. Je comprends, je comprends un peu une fois stigmatisé par des horreurs elles vous suivent partout l’horreur représentée par un homme. Le malaise est revenu, j’écoute des chansons anglaise où je comprends pas un mot. J’ai peur, peur de finir enfermé je dois respirer. Je lui raconte comment je trouve longue la messe du vendredi saint, le jeûne, le livre de messe en cadeau pour la confirmation, le blazer, la chemise et la cravate qui me chauffent le cou, les animaux en chocolat, les œufs en sucre c’est loin j’y ai laissé des dents et Dieu pour un bout de temps.

Un cri pas primal, un cri de terreur devant l’immensité du monde devant sa dureté. Je sais que je serai broyé comme n’importe quoi n’importe qui. Saint Landry mènera sa galère où les esclaves restent des esclaves des pauvres aux mains de fonctionnaires. Bein non ! C’est pas encore Kafka mais ça s’en vient si tu fittes pas dans une case on te laisse, ce serait trop facile de dire dans la marge on te laisse crever quand tu peux plus te battre. Saint Landry d’un monde meilleur vous vous battrez pour moi ? Y’a des combats qui se font seul. J’ai fait mon nid qui est aussi un peu une tanière. Saint Landry je vous oublie vite votre grand bâton économique va se rendre jusqu’à moi ? On dit qu’y a pas que le fric qui fait le bonheur. Je connais les vacances perpétuelles, le vide éternel. L’âme je la donne pas à saint Landry d’un monde meilleur. Ils ont des osties d’air de pied, de gorilles et de guenons qui vous assassinent avec des mots les criss de salauds. Saint Landry d’un monde meilleur si je vote du même bord que mon voisin ça me fait des indulgences envers un nouvel ami ? Je sais pas comment passer ma rage je veux surtout pas frapper un idiot. Je suis en tabarnak, l’air bête de la voisine, la boîte vocale qui répond pas l’argent qui rentre pas et je devrais m’engueuler avec des abrutis de commis. Saint Landry d’un monde meilleur qu’est ce que j’ai fait peuvent pas me laisser respirer vivre un peu autrement qu’en « gagnant » ma vie. Je la fais ma vie je la gagne pas je suis pas à vendre. Everyone has his price. Saint Landry d’un monde meilleur vos ambulances ramassent les estropiés et les empilent dans les cours à miracles hospitaliers. Ça va hurler au sérum, à la morphine, aux solutés ça va brailler le petit canard la patte cassée becquer bobo ou un petit comprimé trois fois par jour en mangeant y’a rien à manger. Pour le commis caissier j’ai qu’à lui lancer la monnaie ouvrir le pain et lancer des tranches un peu partout. La peur de finir en prison m’habite encore. Saint Landry d’un monde meilleur je sais que tu veux tous nous voir au boulot. J’ai pas ce courage là ce désir là. Je suis misogyne y’a pas de quoi fêter la femme qui me suce j’ai pas à lui dire qu’elle est folle. Et ça crie ça crie à l’émeute saint Landry d’un monde meilleur ça crie aux droits bafoués je serais plus d’avis moi saint Landry d’un monde meilleur, je dis ça humblement je serais plus d’avis de prendre mes responsabilités c’est pas simple saint Landry d’un monde meilleur c’est pas simple quand tu sors dehors et que tu vois les airs de bœufs les gens malheureux les rêves vendus bradé à la petite semaine.

Je m’en prends à tous les Dieux du ciel, à un comme à plusieurs. Je m’attaque au Divin. Orgueilleux ! Ça prend de la poigne pour attaquer le Divin c’est pas saint Landry d’un monde meilleur. Faut le trouver le Divin. Je veux qu’il me regarde dans les yeux le Divin en face à face, semble que les comptes de ce genre-là se règlent toujours à la dernière heure avant c’est pas possible faut s’en remettre à saint Landry d’un monde meilleur fast and sweet!

Saint Landry d’un monde meilleur faites que j’écoute mon âme. Saint Landry d’un monde meilleur je vous demande pas de faveur quand j’écoute la télévision j’ai l’impression que vous m’observez avec votre groupe de ministres. Saint Landry d’un monde meilleur c’est moi le poisson je nage les oreilles comme des branchies accrochées à vos mots. Je suis de l’autre bord de la vitre. Je cherche je cherche dans le noir vois pas plus que des glow sticks ou des Sainte vierge des Notre Dame phosphorescentes. Il disait « avec les plus mauvais mots » y’en a des bons mots ? Des mots qui laissent pas un arrière-goût d’inachevé, de partiel, l’indicible qui prend toute la place laisse muet. Saint Landry d’un monde meilleur avec vos grands pouvoirs et vos Richelieu qui tirent la couverture vos énarques anonymes qui distribuent le pain comme à des pigeons. Saint Landry d’un monde meilleur vous croyez pas au martyr et pourtant…

Satie à la radio, saint Landry d’un monde meilleur rendez-vous les gens plus sensibles plus empathiques, le commis du dépanneur un Asiatique me donne du faggot. Saint Landry d’un monde meilleur on en voudrait de grandes luttes mais notre destin n’est pas celui-là saint Landry d’un monde meilleur notre destin c’est des petits combats saint Landry d’un monde meilleur des petits combats pour ne pas s’avilir, notre destin c’est pas la tranquillité c’est le doute surtout. Saint Landry d’un monde meilleur deux films sur la guerre à votre chaîne nationale saint Landry d’un monde meilleur on se couche et se dit que ça s’est pas passé ici que ça se passera pas ici la conscience tranquille quoi saint Landry d’un monde meilleur on pense un peu à la Yougoslavie à la Macédoine on s’endort quand même. Quelle sensation on a, quand, soixante-quinze, quatre-vingts ans sont passés on éprouve de la résignation devant la mort ? Saint Landry d’un monde meilleur si je dansais encore je serais ridicule, oui, sur le plancher d’une rave je serais un papa qui joue au jeune. J’ai tout mon temps, je me suis agenouillé devant le saint Sacrement c’est pas facile après mon expérience avec les Pères. Saint Landry d’un monde meilleur je veux m’imprégner de spiritualité, c’est difficile, le Seigneur, saint Landry d’un monde meilleur, le Seigneur semble me laisser au purgatoire dominical, j’ai le temps, tout le temps de prier je cherche la convergence du spirituel et du politique du matériel et du cosmique. Je suis habité par l’égoïsme les gestes et les mots mesquins. Quoi faire saint Landry d’un monde meilleur quand mon bonheur fait pas celui de mon voisin. Je m’acharne à déjouer le destin comme ce marines qui désirait seulement être un héros sans reconnaissance. La reconnaissance y’en a jamais saint Landry d’un monde meilleur. Encore fait la guidoune emprunté vingt dollars à un gars simple sans histoire qui n’a que ma visite et où j’en profite pour le taper saint Landry d’un monde meilleur votre économie elle permet de faire des économies ? J’essaie de placer un nom de la langueur nappée de nostalgie avec un peu de dépit enrobé de ressentiment et d’apitoiement y’a tant et tant de possible que j’ai écarté reste que ce chemin ce chemin saint Landry d’un monde meilleur ce chemin d’apostrophe comme on dit se faire accrocher par l’interpellation. J’ai l’âme en paix saint Landry d’un monde meilleur vous pouvez pas m’aider à me battre avec le destin je sais saint Landry d’un monde meilleur vous travaillez pour la nation et je suis un pion dans tout ça ce que je fais compte pas. Dites-moi saint Landry d’un monde meilleur à quoi ça sert de se triturer l’âme de se débattre avec ses mille misères à quoi ça sert de se lever avec la tête claire pour aussitôt replonger dans un capharnaüm d’angoisse de peur et de malaise. J’ai encore des flash-back des désirs de choses qui sont arrivées des visions de ma vie dans son insignifiance. C’est pas comme je veux saint Landry d’un monde meilleur. J’ai reçu un chèque fruit de mes efforts de mon labeur dois-je le confesser au ministère. Saint Landry d’un monde meilleur j’aime pas me faire casser les oreilles par de la machinerie pendant huit heures je préfère la musique la musique que je prends dans mon âme elle fait beaucoup d’écho sans résonance mais je l’écoute coûte que coûte. Saint Landry d’un monde meilleur vous aviez l’air de vous y connaître en bohême et technologie. Je peux plus m’évader qu’en regardant le petit écran c’est pas une vie saint Landry d’un monde meilleur je regarde tout ça c’est si près et si loin comme vous saint Landry d’un monde meilleur. Je cherche toujours un endroit où je serai bien y’en a pas saint Landry d’un monde meilleur que le Québec soit un pays ou pas je serai toujours mal, je crois, assis en porte-à-faux. Je me cherche un fauteuil saint Landry d’un monde meilleur un fauteuil où je serais tranquille confortable immobile un fauteuil où je dormirais où j’oublierais pourquoi je suis là pourquoi je fais ça. Y’a des souvenirs qui m’agressent saint Landry d’un monde meilleur ça vous intéresse pas de savoir mes souvenirs je jouais dans les chiffres deux paies par semaine pendant que saint Landry d’un monde meilleur pendant que eux ils s’exprimaient ils créaient c’est un souvenir douloureux saint Landry d’un monde meilleur mais vous vous en foutez. J’irais bien voir la comédienne réciter Anne Hébert mais j’aime pas les gueules d’aficionados de la culture saint Landry d’un monde meilleur et tous ces gens tous ces gens les coudes sur le bar sans rêve qui ne s’endorment plus qui veillent saint Landry d’un monde meilleur qui veillent parce qu’il en faut debout pour que d’autre dorment. Les rêves ce sera jamais la réalité y va toujours se trouver un empêcheur saint Landry d’un monde meilleur on s’ouvre la gueule et on vous pile sur les pieds. Le Canada saint Landry d’un monde meilleur on s’en crisse saint Landry d’un monde meilleur vous pouvez pas voir à ça ces histoires de petit fond immobilisé pour les Ti-Caille comme moi. I feel like shit ! Vous me redonnerez jamais ma santé mentale saint Landry d’un monde meilleur si au printemps tout ce que vous avez à offrir c’est une cabane à sucre industrielle où des anciens jeunes nouveaux vieux font de la danse en ligne je passe mon tour envoie tes anges me tirer dans les jambes. Je la regardais saint Landry d’un monde meilleur je la regardais, oui, et sous certains angles elle était jolie. Je lui ai un peu raconté ma vie mais avant avant saint Landry d’un monde meilleur elle m’a dit que j’étais intelligent pour se reprendre et dire brillant mais saint Landry d’un monde meilleur l’intelligence ça rend pas la bite plus dure ça fait pas le meilleur des amants. Ça me laisse pas cette peur paranoïaque dans la mégalomanie, je me crois persécuté saint Landry d’un monde meilleur. Ils ont beau dire la prière fait pas tout partir. Je suis pas mieux pas plus qu’un légume une pomme de terre pourrie. C’est toujours la même chose je veux me faire bercer entendre des mots doux mais la vie saint Landry d’un monde meilleur la maudite vie veut que je me batte que je me batte avec des ombres avec une réalité déphasée. Saint Landry d’un monde meilleur j’en ai gros sur le cœur.

À quoi je tiens je sais pas j’ai tant perdu la maladie a fait des ravages saint Landry d’un monde meilleur. La solitude occupe ma vie j’ai jamais voulu fonder une famille je suis trop taré pour ça une vie comme la mienne mérite pas de se reproduire trop de souffrance trop de malheur trop de manque d’amour. Dans mon orgueil j’espère contribuer à ce que le monde devienne meilleur mais l’humanité a pour moi la face de toutes les dégueulasseries. Les chansons me disent plus rien j’ai perdu du sentiment de l’enthousiasme pour les rimes avec liberté libéré saint Landry d’un monde meilleur. Y’a pas de pire prison que mon âme enfermée mes petites luttes irréalistes prennent des proportions de guerre civile. Je veux changer de vie saint Landry d’un monde meilleur mais pas en jouant à la loterie. Vous nous en faites saint Landry d’un monde meilleur avec vos casinos vos gratteux vos bingos vous nous en faites du rêve il a ruiné l’espoir très cher. Je suis pas janséniste ni luthérien saint Landry d’un monde meilleur quand on laisse on me laisse comme ça rêver de fortune. Ça m’en fout un monde meilleur aux valeurs dérangées. Je vis de la charité de deux ministères, je sais pas si je peux me considérer pupille de l’État. Vos enfants, vos électeurs saint Landry d’un monde meilleur ne jouent plus ils vivent dans la douleur. Saint Landry d’un monde meilleur, je sais pas comment vous comptez vous y prendre pour donner un sens à des vies qui en ont pas des vies passées saint Landry d’un monde meilleur à écouter vos éclats de voix à la télé à la radio pour zapper aussitôt. Je suis pas le seul voyeur saint Landry d’un monde meilleur mais y’a plus rien à voir. Babel saint Landry d’un monde meilleur Babel nous tue c’est la mort en avant et y’a tous ceux qui sont morts jeunes de trop de souffrance ceux qui, quand on se couche et ferme les yeux, apparaissent, des visages et des visages je peux pas les décrire saint Landry d’un monde meilleur ils nous hantent on les reverra que dans nos souvenirs ils ont pas eu le temps de vieillir.

Un pauvre bougre comme moi perdu dans ses mondes qui lui échappent se raccroche au soleil au bleu du ciel parfois je suis dans la brume saint Landry d’un monde meilleur je peux pas choisir le monde restera ce qu’il est saint Landry d’un monde meilleur comme moi habité par le bien et le mal comment dire saint Landry d’un monde meilleur que je me sens pas plus qu’un singe, vous avez pas un sexologue à me conseiller saint Landry d’un monde meilleur vous êtes grand-père… Je cale mon dix onces saint Landry d’un monde meilleur c’est pas que je me croie plus fin ou plus intelligent que les autres saint Landry d’un monde meilleur mais… toutes ces idioties entendues partout. Bon ! C’est assez les prières à Landry faire d’un Premier ministre un saint c’est banal mes concitoyens l’ont déjà fait, de l’humilité de Ti-Poil à la jambe de Bouchard le fond judéo-chrétien est jamais loin.
« L’écriture n’est utile pour le psychisme que si l’écrivain découvre dans l’acte même une chose qu’il ignorait connaître. » « Écrire peut sauver de la folie ou du cancer ; être un mauvais écrivain vous conduit à votre perte. » Norman Mailer, journaliste, « Ten thousand words a minute », Esquire, février 1963.

Je marche longtemps dans les même rues de mes déjà vieilles habitudes. Je respire par le nez exhale par la bouche ça coupe un peu l’angoisse. Un poète maudit dit qu’il écrase les coquerelles. Je suis la coquerelle. Je me sens couler dans l’inachevé l’incomplet je veux finir avant d’être fini. Y’a des orgies, des préludes au week-end ça se lève tard le samedi deux aspirines du café et la Presse. Ça flâne en attendant que le hang over passe. Celui que j’ai sanctifié se met pas souvent le pied dans la bouche comme disent les Anglais. Y’a un gros ostie de voleur de courrier qui traîne devant l’immeuble. Il a l’air désemparé pas récolté grand-chose c’est fou quand on est cassé on espère toujours une délivrance par le courrier un chèque en retard, en trop, une surprise quoi, ça arrive jamais ces histoires là, faut le piquer dans la boîte de l’autre. Je rappelle mon saint l’invoque pour que son monde meilleur arrive au plus crisse. Je suis fou pris dans le manège fou des autres. Mon cerveau a pas mûri le vendredi soir je pense à bambocher ici et là comme à dix-huit ans ma carcasse est pas mal défraîchie et les cheveux gris. Je vois le mal que je me fais c’est pas assez y’a la lecture qui me ramène un peu, la peur me paralyse. J’invoque tous les saints j’y retourne toujours et toujours. Faute de trouver un sens au monde on se détruit, lève le coude, se la met dans le bras, parfois c’est pas assez on encule le voisin et quand on est en manque on prie les dieux de trouver sa pitance son élixir. Je m’imagine en compagnie d’une femme elle est rafraîchissante légère comme une pub de savon. Elles sont jamais comme ça, lourdes, ne voulant que mon bien à me dire quoi faire. J’entends tes pas Seigneur mais je suis absent je rêve à toutes sortes de choses que je n’atteindrai jamais. Je tuerai cette part de moi qui avilit les gens et les choses qui démolit le sacré indicible. On s’étourdit pour pas être face à soi-même à ce vide qui nous tue, la symphonie solitaire, les accords se croisent comme des âmes atonales. Reviens, reviens saint Landry d’un monde meilleur pendant que le monde s’en va à vau l’eau ils lavent les bagnoles font des balades on est libre ! Foutue liberté saint Landry d’un monde meilleur. La fille sur le coin la prisonnière du sexe la péripatéticienne elle veut m’acheter une cigarette lui ai donné et les autres les autres qui disent deux trois claques su’a yeule. J’ai une de ces peurs atroces, peur qu’ils me fassent du mal, qui c’est ils ? Pas ceux qui aboient ils ne mordent pas, ceux que j’entends pas que je vois pas qui se tiennent en silence et qui me regardent approcher au bord du gouffre. J’ai qu’à faire un pas. Et y’a nous saint Landry d’un monde meilleur, les b.s. comme ils… Les bien-être social, le nouveau nom je m’en kalisse. Les b.s. c’est bien imprimé dans l’inconscient collectif. Nous les crottés, les pouilleux, les empêcheurs de tourner en rond les salopards d’affaire, nous les pauvres on nous la fait trois fois plutôt qu’une on aime ça rien foutre on est que de pauvres idiots qui réussissent pas à fourrer assez de monde pour vivre comme Crésus. J’ai vu à la chambre des communes un député conservateur avec une queue de cheval, j’ai mal compris, les cheveux longs pour un homme représentaient la différence, la révolte, la provocation, le changement, le refus faut voir. Les gays ont l’air plus straight que des straight. J’ai jamais vraiment connu la vie jamais sucé un pénis au gland entouré de fromage.

Je sais saint Landry d’un monde meilleur y’a rien de pur, y’a des ondes qui entrent dans ma tête saint Landry d’un monde meilleur des micro ondes ça bousille les neurones, je suis pas au bon canal, ils parlent des ramoneurs cérébraux, c’est de la friture saint Landry d’un monde meilleur un cerveau brûlé, bien cuit. Les ondes me plombent comme de la chevrotine ça grésille ça clapote saint Landry d’un monde meilleur qu’est ce que je fais j’attends le silence mais y’en a pas de silence les voix des fantômes me disent d’en finir. Je sais pas pourquoi je continue à vivre saint Landry d’un monde meilleur y’a du calme que dans la nuit avant que les cauchemars arrivent. Saint Landry d’un monde meilleur si vous saviez comme je l’ai loin la politique dans ces moments-là. Big brother me surveille à la pharmacie. Saint Landry d’un monde meilleur je pardonne mais y’a quand même des persécuteurs des gens qui ont soif de mal. Je préfère rester seul avant d’être encore brisé. Je suis une guenille finie une vieille tapette. Y’en a toujours des osties de problèmes on s’enfarge dedans même… J’ai que des mots d’atermoiements. Je crève. Je me ferme les yeux dans ce pays de gueux au volant de Chevrolet. Saint Landry d’un monde meilleur je souffre, je souffre d’envie à en crever. L’humilité c’est pas inné. J’ai faim mais pas de grosses queues dégoulinantes de sperme ni de moules lubrifiées juste de la nourriture à m’en péter l’estomac. Je me donne des coups sur la nuque c’est plus de l’introspection c’est de l’extrospection. Je vois le fouillis d’ici saint Landry d’un monde meilleur. Le coloc qui vend des disques compact, la chaîne stéréo, la télé, l’ordi enfin tout quoi ! C’est la grande braderie tout juste si il vend pas ma mère et la sienne après y’a qu’à ferrer un autre poisson. Vous allez régler ça saint Landry d’un monde meilleur faire du cas par cas mon cul ! J’ai une image de psychiatre qui enlève sa ceinture. Je sais pas ce que je fais chez un psychiatre je suis pas assez intelligent pour une thérapie ou une analyse. La ceinture me fait peur menace de me frapper.

J’ai pas le record des conquêtes et ma virilité est toujours chancelante saint Landry d’un monde meilleur quand je me retrouve exalté devant les femmes… Vaniteux, j’invente des conversations où je donne ma vision du monde. Je me suis pris dans mon piège. Je reste là sans mettre le nez dehors je l’ai tant vue cette ville ses quartiers plus rien ne m’attire. Je suis enfermé dans un quotidien où les jours n’en finissent pas d’achever. Faut que je sois libre libre de quoi je ne sais pas. La honte m’empêche de sortir. À quoi bon un pays saint Landry d’un monde meilleur quand on a pas de vie. La seule personne que je tuerais c’est moi… Ils sont loin détruisant les bouddhas comme ici les forêts, je m’égare, je m’égare saint Landry d’un monde meilleur mon insignifiante contribution au magistère des dieux des muses encore faut-il que Dieu soit pas trop à droite et que les muses chantent autre chose que l’amour c’est la première journée du printemps bientôt on entendra les grosses motos beugler. Je suis toujours prisonnier de la ville de mes rendez-vous à l’hôpital. J’ai perdu la raison y’a des choses qui me frappent comme un coup de poing. Je pense à mon butin que j’ai perdu que j’ai retrouvé, ça compte pas, y’a qu’un bon lit qui compte, le reste c’est pour la galerie.

Pour la plus grande gloire de Dieu je fais quoi le matin, je le remercie, oui, mais quoi après, je passe la journée dans la gratitude. Question de faire sa volonté ça se partage mal entre la mienne et la Sienne. Je sens que ça vient, c’est tout le contraire d’un orgasme c’est la platitude la désolation le chemin étroit dans une plaine, ça ressemble au purgatoire un endroit intérieur où il se passe rien. J’ai peur, peur de sortir et de me retrouver dans une rixe avec mes contradictions. Je veux plus jouer au touriste perpétuel saint Landry d’un monde meilleur vous n’avez pas de réponse, moi non plus, errer comme ça à la journée longue sans me perdre je sais exactement où je suis pas où j’en suis. Dans l’isoloir d’un bar de danseuses pour dix dollars je la touche où je veux ça me fait bander je prends ses seins dans mes mains lui mords une tétine fouille dans son vagin. Je ne viens pas c’est plus cher et à quoi bon. J’encule les mouches mais je les encule bien elles ont un orgasme. Saint Landry d’un monde meilleur quand je baise je veux en finir au plus vite et me laver. Un plumé un rasé comme moi y’en a rien a faire d’un demi pour cent ça change rien. Je lis je lis saint Landry d’un monde meilleur j’ai peur du sang. Je suis un asocial chanceux. C’est ridicule ma vie quand les gens tendent la main donnent à manger sans rien en retour. Ma futilité saint Landry d’un monde meilleur elle est pas dans tous les humains. Je suis qu’un peu de gras et d’eau avec la conscience de la mort. J’attends, j’attends la grâce, j’attends ce qui me fera bouger ce qui… La force je l’ai pas. C’est quoi la suite du monde saint Landry d’un monde meilleur l’amour économique, l’économie de l’amour on a qu’à me tourner le dos comme une tortue et je meurs des mots de marbre froid comme des stèles. Ça va mal saint Landry d’un monde meilleur ça va mal dans mon cocon et je fais rien qui puisse changer la donne. Ils vont nous avoir la peau courte.

Y’a quoi dans ma tête saint Landry d’un monde meilleur y’a quoi des idylles même pas ratée parce qu’elles ont jamais existé des femmes de rêve qui sont restées de rêve parce que je les ai pas connues. Je n’y vois rien saint Landry d’un monde meilleur j’ai les yeux bandés je cours plus après le temps il me rattrape me tient immobile au bord de la fosse. Tout ce qui est avoué de soi c’est jamais qu’une mauvaise image un mauvais reflet plus on veut en dire plus on se cache. Dans le passé ça fait trop mal saint Landry d’un monde meilleur ça fait trop mal de savoir qu’ils m’ont brisé que la terreur m’a envahie que la peur du poison était omniprésente. J’ai souffert saint Landry d’un monde meilleur mais à quoi bon souffrir si je ne deviens pas meilleur. J’ai froid.

L’écran projette dans le plexus ça met une sorte de baume comme une espèce de téléthérapie. J’aimerais me transformer cesser de prendre les gens pour des cons ils ont raison saint Landry d’un monde meilleur pourquoi s’en faire faut prendre tout ce qui passe et après on verra. C’est d’une insignifiance crasse gang de jouisseurs primaires ! Dis-moi Dieu où dois-je aller ? Courir mais courir vers ma mort vers une vie essoufflée tannée maganée. Je ne cours plus mais marche à petits pas sans vouloir faire de bruit comme dans le bois sans vouloir effrayer personne. Oui, je suis vieux et vis une ascèse imposée. Je pisse assis. On dit que Dieu est plus fort que le langage parfois j’en doute. Saint Landry d’un monde meilleur j’apprends que vous commencez votre lutte contre la pauvreté mais quoi faire contre la pauvreté de l’esprit. Y’a longtemps que je suis pas sorti la nuit saint Landry d’un monde meilleur c’est toujours pareil les âmes en peine qui occupent le trottoir qui cherchent à calmer le désespoir ça commence à être le monde à mourir l’esprit ratatiné by the money. Je marche dans leur pas je les vois. Ils sont là au rond-point Berri-Uqam dans les toilettes du terminus trop propres pour pas être surveillés. Ils guettent où je chie. J’attends le budget de votre ministre des finances saint Landry d’un monde meilleur. J’attends de voir si la compassion se rendra jusqu’à moi. Je veux juste qu’on me crisse la paix je crois plus aux mirages. Je me fais pisser dans la bouche faut que je continue. Je pense à Stockhausen aux manipulations de bandes magnétiques. Ai vu deux hommes se faire abattre devant les caméras ça m’a pas tiré une larme ensuite une patineuse artistique éclatait en sanglot après sa routine j’étais tout ému saint Landry d’un monde meilleur ces absurdités mes absurdités je veux les combattre, ma sensiblerie de moumoune devant une image. Reçu mon avis de cotisation au ministère du revenu. Je paie aucun impôt merci saint Landry d’un monde meilleur faut avoir de la gratitude quand même heureux de vivre au Québec. Ils admirent tous la richesse, moi le premier, mais la vie saint Landry d’un monde meilleur la vie ne m’a pas mené à la fortune on aime les puissants et les riches quand on devrait aimer les mal-aimés. La morale la maudite morale on déchiquette ça à coups de couteau. Je suis souffrant, je souffre de voir rouler ma vie à vide, la moindre tracasserie administrative m’ébranle me jette à terre. Saint Landry d’un monde meilleur la souffrance sera toujours une part du monde.

Ils en sont encore à Dada je comprends pas, au vingt-et-unième siècle, ça n’a pas de sens y’en manque beaucoup saint Landry d’un monde meilleur du sens. Le moindre dadaïste sérieux devrait se suicider comme le dernier éléphant. Le pizzaman me donne de la tapette à tour de bras il me sert en disant madame. Un type cause il arrête pas comment ça va ? Comment ça va ? Trop con pour voir qu’elle veut pas lui parler il en rajoute dit qu’ils lui ont payé quinze heures en trop. Un mensonge raconté parce que trop seul, pour s’accrocher à n’importe qui. Tout ce que je demande c’est qu’on m’oublie saint Landry d’un monde meilleur je suis homo sur les bords non pratiquant parce que d’autres entrent en homosexualité comme en religion. Ils ont leur monseigneur leur prêtre moi je veux pas être même un diacre de l’homosexualitude. Et puis et puis saint Landry d’un monde meilleur aucune idée de mon orientation sexuelle des jours je préfère les femmes des nuits je hais les hommes. Je lis, je lis je fuis saint Landry d’un monde meilleur je fuis mes congénères je trouve qu’ils sont cupides, avides mesquins j’ai tous ces défauts ils me font peur saint Landry d’un monde meilleur. Je suis le père de l’échec mon unique enfant qui désire, désire toujours saint Landry d’un monde meilleur.

Je ne sais pourquoi une façon de tenir le bras, l’avant-bras à quatre-vingt-dix degrés avec le corps en le balançant nous faisait déclarer qu’un tel était homo fallait pas en plus qu’il ait une voix chétive il était tout de suite baptisé. Je sais qu’il faut pardonner saint Landry d’un monde meilleur que la haine est le pire des péchés. Je me rappelle plus ce qu’il y a d’enfoui dans mon subconscient cette douleur sourde qui me ronge l’âme peu à peu qu’est-ce que j’en fais. Je suis un de ces monstres fades et sans odeurs qui passent inaperçus qui impose sa monstruosité son insensibilité. Le soir quand je me couche saint Landry d’un monde meilleur des « poèmes » me viennent à la tête, c’est pas doux, c’est pas mélancolique ni nostalgique c’est de la bile de la vomissure que je jette aux esprits bienveillants. Saint Landry d’un monde meilleur vous ne tuerez jamais la peur, le moteur qui anime tant de gens, « no fear », baliverne.

Elle avait une jolie poitrine saint Landry d’un monde meilleur un décolleté plongeant lui ai demandé une cigarette elle en avait pas son chum si. Elle l’a ramené je lui ai dit que c’était pour cruiser sa blonde. Il m’a donné une cig saint Landry d’un monde meilleur en passant près de moi il a parlé de ma petite bite il l’a déjà vue ?… Je me sens un peu trop violent je déteste la violence. Je me sens comme un ours en cage un idiot qui brait comme un âne, l’argent ça fait bander ? Moi je bande plus il a raison j’ai une petite bite saint Landry d’un monde meilleur le conducteur de métro annonce la station Josaphat quand c’est la station Beaudry pourquoi la caissière se paie ma gueule et l’emballeur fout mes achats avec ceux de la dame en avant. J’en suis rendu à rêver de me mettre une bite dans la bouche saint Landry d’un monde meilleur et tous les saints sur la terre comme au ciel. Fantasmes inavouables qui valent le mépris. Je me suis lâché la bite ai pris une douche y’a le miroir je suis pas David de Michel Ange. Je sais pas si je suis homo ou hétéro disons que je suis bisexuel. Dans une société saint Landry d’un monde meilleur qui vit une crise des valeurs vaut mieux être pas trop différent.

Je suis pas Don Juan je couche pas, je baise pas, ça m’évite la culpabilité ses excès dans ma sexualité compliquée. Je suis seul avec ma petite bite saint Landry d’un monde meilleur la folie s’empare de moi sur le ciel rose de Montréal l’angoisse est à mes trousses. J’attends qu’il y en ait un saint Landry d’un monde meilleur qui me tende son cul en signe de soumission. Le reste c’est des mensonges des fables on s’entend sur rien on me malmène comme un chien saint Landry d’un monde meilleur je serai jamais à l’abri. Ils vont me vomir dessus. Maudit vain Dieu ! Maudit vain Dieu ! Elles préfèrent se faire battre, c’est un choix, les pédés, si j’avais le courage je ramasserais un serin et me ferais faire des pipes saint Landry d’un monde meilleur j’en veux pas de ça c’est pas dans mes valeurs. Dieu dis-moi pourquoi ce fardeau pourquoi ma gueule, mes envies, mes défauts font de moi cet être vaniteux et vil. Pardonne-moi saint Landry d’un monde meilleur de m’adresser à Dieu en dernier recours c’est toujours à Lui que je m’adresse je n’ai que la réponse de mon âme meurtrie désemparée devant l’ignominie.

La journée se présente comme une dame qui revient du bal défraîchie par la cigarette. On est en plein carême l’esprit de sacrifice saint Landry d’un monde meilleur ça veut plus rien dire on veut tout tout de suite le Christ on le crucifierait avant qu’il vienne au monde. La rédemption par l’écriture ça existe pas. Le rachat (encore de la négoce) avec Dieu mais bon ! Je vais choisir les lacets de bottines ou la ceinture pour en faire un garrot me le passer au cou. Je désespère saint Landry d’un monde meilleur je désespère comme beaucoup d’autres parfois sur les quais du métro j’y pense, une vie d’affreux voilà ! J’ai oublié les dix commandements en ai retenu qu’un tu ne tueras point ça fait passer mes humeurs assassines… Y’a un inverti qui ose pas mettre les pieds dehors saint Landry d’un monde meilleur un abri aux murs jaunis par la cigarette et la terre tourne le monde va cahin caha. Je rêve d’être quelqu’un de bien mais c’est pas ça saint Landry d’un monde meilleur. C’est pas ça qu’est-ce qu’une vieille pédale peut rajouter à l’édification humaine rien mais moins que rien que décadence inconsciente retenue. J’aimerais être le plus viril des hommes que les minettes se pâment mais y’a mes dettes qui me castrent. J’ai plus de couilles. Faut surtout pas que je me démolisse plus que ça je suis déjà sous la carpette du ring. Qu’ils me baisent le darrière eux et leurs promesses. Saint Landry d’un monde meilleur je cherche la liberté dans la nuit et trouve rien je rentre seul comme bien d’autres saint Landry d’un monde meilleur on se dit que ça va passer on allume la télé ça passe pas ça me dégoûte. J’ai plus le courage des aventures. J’accepte, j’accepte saint Landry d’un monde meilleur j’ai fini de me battre contre le monde contre moi, la révolte, la révolte toujours pour des futilités quand je pisse sur mes pieds. Saint Landry d’un monde meilleur j’irais bien au front mais où il est le front les Talibans ? La Macédoine ? L’Autriche ? Je fais comme tout le monde je me chauffe la raie pendant qu’ils prennent le contrôle.

Saint Landry d’un monde meilleur les fous ont changé de peau sont devenus folles ça paraît étrange saint Landry d’un monde meilleur faut garder ça secret cette folie ce non-sens qui se déplace de corps en corps se jette sur qui s’y attend le moins. Saint Landry d’un monde meilleur les exclus en veulent pas de votre sens victorien des choses. Ma vie ma criss de vie je la perds en désespérance malhonnête. J’attends saint Landry d’un monde meilleur j’attends de voir. Parti comme c’est là ça va finir par un meurtre, tu ne tueras point, le seul qui mérite la mort c’est moi. Je suis sur les dents saint Landry d’un monde meilleur le calvaire continue. J’attends pour mettre fin à mes jours. C’est la veille du budget saint Landry d’un monde meilleur ça va me donner quoi ? Du bonheur, je crois pas, ce sera tes bébelles dans ta cour. Cou donc, ostie, mon âme renferme pas tous les péchés du monde. Le pauvre monde saint Landry d’un monde meilleur le pauvre monde vos ouailles vont-elles encore croupir dans la pauvreté. J’ai toujours peur de finir mes jours enfermé. Votre ministre des finances dépose son budget saint Landry d’un monde meilleur je vais encore souffrir ça se paie pas en argent ils attendent tous saint Landry d’un monde meilleur ils attendent tous que l’argent leur saute dessus comme la misère sur le pauvre monde. Je cesse de brailler prends mon trou et dors du sommeil du pauvre.

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Long texte. Pas d’intrigue, pas d’histoire, pas de personnage principal autre que le narrateur, et une plongée obstinée dans son intimité troublée. Bernard Landry, premier ministre du Québec, est béatifié au passage, et devient un véritable appui pneumatique et musical pour toute la deuxième partie.

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